D'AUTRES BORDS, Rousselot Jean

                                     

VIVRE ET MOURIR


Maître de tout sauf de moi-même,
Chaque jour je recule un peu
Sur les falaises de ma vie.

Dans mes jeux d’autrefois, théâtre,
J’avais ce même regard ivre,
Ce même cœur désassemblé.

Mais alors on fuyait, nous deux,
Le monde était un mur poreux
Et nous savions les mots complices !

O mon enfance, n’oublie rien :
Les clés encor sont dans la main,
L’amour attend, il nous faut vivre !

Ferme tes plaies, ouvre tes yeux,
Ajoute la mort à ton jeu :
Je suis un autre, je suis libre !

J’ai tout aimé moins que moi-même
Je veux vivre pour tout aimer
Et m’oublier dans ce que j’aime.


Jean Rousselot
L’Homme est au milieu du monde
(Fontaine, 1940)



D'AUTRES BORDS, Potterez Harry





Un peu plus loin vers la droite, l'horizon.

AUX VENTS DE L'IODE, Littérature & Arts, Carver Raymond


Dans un poème ou une nouvelle, on peut décrire des objets parfaitement triviaux dans une langue on ne peut plus banale, mais d’une grande précision, et doter lesdits objets d’une force considérable, et même confondante.


AUX VENTS DE L'IODE, Chinois


          Les licornes ne vont pas en troupeaux.
           (Sagesse chinoise)