D'AUTRES BORDS, Hogan Seamus

                                

WATER

As in a country cottage where the spring

is a long walk from the back door

the old bachelor carefully uses every drop

of water and reuses it until nearly black

to put off going back for more

so the city dweller washes himself all winter

in sea breezes he drew from the shore

to his house the summer before

until finally there’s only a certain tree

wind washed in the basin of his memory.

 

L’EAU

Comme dans une maison de campagne dont la source

est très éloignée de la cuisine

le vieux célibataire utilise avec soin chaque goutte

d’eau et la réutilise jusqu’à la noircir presque

pour repousser le moment d’y retourner,

ainsi le citadin se lave-t-il tout l’hiver

dans les embruns du bord de mer

rapportés chez lui l’été dernier

jusqu’à ce qu’il n’y ait finalement plus qu’un arbre

lavé par le vent dans l’évier de sa mémoire.

 

Trad. St. Guérin
 

 

                                  Seamus Hogan (1960-2018)
                             
Interweavings –Entrecroisements

                             
1978-1988 
                              ( Granville House Press, 1988)
  
                                 Liens : voir sous le poème de Hogan publié dans  ce blog le 15/9/2018 

AUX VENTS DE L'IODE, Littérature & Arts, Sartre Jean-Paul

 

Même si le propos de l’auteur est de donner la représentation complète de son objet, il n’est jamais question qu’il raconte tout, il tait plus de choses encore qu’il n’en dit. C’est que le langage est ellipse.

(in Situations II, 1948)