EN CALE, Grignons

Ouvrages en attente d’édition

Un chiffre gisant attendrait-il,

sorte de minceur entrante,
comme une clef plate au sol, poussiéreuse,
que l’on ne sait pas ramasser, bien saisir,
dont nos pas nous éloigneraient
là ou vers quelque ailleurs, peut-être même ici ?

Pourquoi cherchons-nous
de cette disposition sans lassitude ?
– moins la porte que la fente
et moins à pénétrer qu’à ouvrir :
décider au pivotement l’interposé gourd,
en douceur le pousser, qu’apparaissent
des parages à embrasser
mieux, de plus de nous

avant qu’une attirance établie nous ébranle.

                            *

Comme tancé par un silence
qui ne veut pas d’une ombre
lui faisant la moindre ombre au devers,
même longtemps après le débord d’un bruit

— Laisser là toute chose ?

Et, du point de départ,
le chercher aussi bien
dans ce qui paraissait si mutique et si clair ?

Pour cela, dévêtir
le lieu et son tenant
de vieilles certitudes ?

— De l’ignorance aux mains :
celle-là, bien aimée qui en perdant se gagne.

                            *

Cela, qui parle en s’effaçant

Sans se signaler autrement
il emplit toute la rencontre
du retrait de son éloquence
de ce vide plus accueillant
que les savanteries qui brouillent

On veut toujours plus sa présence :
il a fui
                et plus tard se tient
là, quand l’attentif se renonce.



Suite parue presque à l’identique dans



  

D'AUTRES BORDS, Tardieu Jean


                              

COMMENCEMENT ET FIN
   (Fugue sur deux substantifs)

Le commencement
ne s’arrête pas
et la fin ne cesse

Ton sang tu l’oublies,
ce commencement.
Ce qui passe en toi
et n’a pas de fin
tu ne l’entends plus.

Au commencement
torrents et volcans,
à la fin des fins
le ciel et la mer.

Si tu comprenais ?
Si tu commençais ?
Si c’était la fin ?

Tu crois que le monde
vient de commencer
tu crois que le temps
n’aura pas de cesse

Admire la fin
du commencement
adore le jour
adore la nuit
qui t’ont dévoré.

                               
                        Jean Tardieu
                           
Poèmes pour la main droite,
                            in Formeries, 1976, Gallimard éditeur,
                           recueil inclus dans L’accent grave et l’accent aigu,
                           Poésie / Gallimard, 1986  

                           http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2019/01/hommage-a-jean-tardieu/




D'AUTRES BORDS, Scharazade

                                           
                                                 UNE CHARADE



Composante d'archipel : tel est mon premier.

Mon deuxième : incitation impérative à la haine, en quatre lettres.

Les soustractions n'en seraient pas sans cet adverbe, mon troisième.

Quel antonyme commun, mon quatrième, entre léger, aigu ou bénin ?

Les inséparables apprécient assurément ce chiffre, mon cinquième.

Selon le proverbe chinois, " C'est être bien riche que de n'avoir rien à _ _ _ _ _ _ . " Ce mot est mon sixième. 

Mobile et expressive, les bêtes qui en sont pourvues l'utilisent comme langage. Voilà pour mon septième.

Mon huitième, une préposition, s'utilise parfois au début d'un titre comme Stendhal l'a fait avec l'Amour

Pronom démonstratif remplaçant  ce dire et parfois accompagné de ci ou : vous venez de trouver mon neuvième. 

Mon dernier complète le proverbe marocain selon lequel "Il ne faut pas _ _ _ _ _ _ sa vie à la gagner."


Mon tout, Romain Gary l'a écrit dans son récit Chien blanc.



Bonne recherche aux Shalimar !

Réponse à venir.

Scharazade