DEUX RONDEAUX
Rondeau CCXX
Que pensé
je ? dictes le moy,
Adevinez, je vous en prye,
Adevinez, je vous en prye,
Autrement
ne le saurez mye*, (pas du tout)
Il y a bien raison pourquoy.
Il y a bien raison pourquoy.
A parler
à la bonne foy,
Je vous en foiz juge et partye :
Que pensé-je ? dictes le moy,
Adevinez, je vous en prye ?
Je vous en foiz juge et partye :
Que pensé-je ? dictes le moy,
Adevinez, je vous en prye ?
Vous ne
saurez, comme je croy ;
Car
heuré* ne suiz ne demye*, (je ne suis
pas heureux du tout)
Qu’en
diverse* merencolye (méchante, dure)
Devisez ;
je me tairay quoy*: (je me tairai tranquillement)
Que pensé je ? dictes le moy ?
Rondeau CCLXXXVI
En verrai ge jamais la fin
De voz euvres, Mérancolie ?
Quant au soir de vous me deslie,
De voz euvres, Mérancolie ?
Quant au soir de vous me deslie,
Vous me rattachez au matin.
J'aimasse
mieulx autre voisin
Que vous, qui sy fort me guerrie*. (qui me combattez si durement)
Que vous, qui sy fort me guerrie*. (qui me combattez si durement)
En verrai
ge jamais la fin
De voz
euvres, Merancolie ?
Vers moy
venez en larrecin*, (en cachette)
Et me
robez Plaisance lie*; (Et me volez
plaisir et joie)
Suis je destiné, en ma vie,
D'estre tousjours en tel hutin*? (querelle)
En verrai ge jamais la fin ?
Suis je destiné, en ma vie,
D'estre tousjours en tel hutin*? (querelle)
En verrai ge jamais la fin ?
Charles
d’Orléans
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au bas de la page des Rondeaux de Charles d’Orléans mise en ligne le 29 mars 2019.