D'AUTRES BORDS, Cernuda Luis

                            

UN CONTRE UN

Toute la nuit tombée à terre
Cette nuit entière est ma honte
Même si dans mes bras les étoiles
Veulent naître sur les hommes
Ah tant de lumières que je garde
Même des diamants émeraudes
Langoureuse une lèvre peut-être
Chantera mon bonheur en rêvant
L’obscurité rencontre la peur
Alors elle rit puis danse
Mais je ne peux les étoiles
Vont laissant mes mains solitaires.

in Neuf poèmes de l’époque de
Un Fleuve, un Amour
1929

(Trad. Cl.G.S.) 


MANO A MANO

La noche entrera está en el suelo
La noche entera es mi vergüenza
Aunque en mis brazos las estrellas
Quieran nacer sobre los hombres
Ah tantas luces yo las guardo
Sean esmeraldas diamantes
Acaso un labio langoroso
Cantará en sueños mi fortuna
La oscuridad encuentra al miedo
Entonces ríe luego baila
Pero no puedo las estrellas
Mis manos solas van dejando.

Nueve poemas de la época de
Un Río, un Amor
1929


                        *


LES MARINS
SONT LES AILES DE L’AMOUR

Les marins sont les ailes de l’amour,
Ils sont les miroirs de l’amour,
La mer les accompagne,
Et blonds sont leurs yeux comme l’amour
Est blond, comme le sont leurs yeux.

La vive joie qu’ils versent dans leurs veines
Est blonde aussi,
Identique à la peau où elles affleurent ;
Ne les laissez pas s’en aller, ils sourient
Comme sourit la liberté,
Aveuglante lumière érigée sur la mer.

Si un marin est mer,
Blonde amoureuse mer, présence de cantique,
Je refuse la ville née de rêves gris ;
Je ne veux que la mer où j’aille me noyer,
Barque privée de nord,
Corps sans cap m’enfoncer dans sa lumière blonde.

Les plaisirs interdits
1931


(Trad. Cl.G.S.) 


LOS MARINEROS
SON LAS ALAS DEL AMOR         

Los marineros son las alas del amor,
Son los espejos del amor,
El mar les acompaña,
Y sus ojos son rubios lo mismo que el amor
Rubio es también, igual que son sus ojos.

La alegría vivaz que vierten en las venas
Rubia es también,
Idéntica a la piel que asoman;
No les dejéis marchar porque sonríen
Como la libertad sonríe,
Luz cegadora erguida sobre el mar.

Si un marinero es mar,
Rubio mar amoroso cuya presencia es cántico,
No quiero la ciudad hecha de sueños grises;
Quiero sólo ir al mar donde me anegue,
Barca sin norte,
Cuerpo sin norte hundirme en su luz rubia.


Luis Cernuda

Los Placeres prohibidos
1931



D'AUTRES BORDS, Rouquette Olivier







Chemin de bois près des cabanes

                     Les trois Brevitas réunies  sous ce titre en hommage à Olivier Rouquette
              sont  dans cette livraison,  rubrique SUR LE PONT, Brevitas (Micro- nouvelles)

AUX VENTS DE L'IODE, Littérature & Arts, Reverdy Pierre


Le réel est, par sa présence, tueur de poésie – par son absence, source de poésie. La poésie, c’est la bouche-abîme du ciel désiré qui manque.