EN CALE, Seconds Brefs des Saisons, présentation


Ouvrages en attente d’édition



SECONDS BREFS DES SAISONS

Entrepris vers novembre 2017, achevé au tout début 2018, ce recueil est né par remaniement  progressif de mes premiers Brefs, rassemblés dans Brefs des Saisons (1994-2003). Les très nombreux poèmes de celui-ci se succédaient continûment de page en page, traversés et portés par ceux la Saison des Saisons (voir note ci-dessous). Avec le recul, les pièces incluses dans ce vaste mouvement ont semblé poétiquement trop inégales et répétitives pour être toutes retenues. Celles recueillies dans  les Seconds Brefs des Saisons sont regroupées en pages de sept par soin d’aération et de densité. La dimension  de la Saison des Saisons s’y retrouve, identifiable aux italiques. 
Les Brefs Travers Saisons, présentés dans Sur le pont,  reprennent eux aussi, à leur façon parente et différente, l'héritage des Brefs des Saisons. 

Note introductive aux Brefs des Saisons, 2003
Ma pratique et ma vie m'ont conduit vers 1994 à des formes brèves. Il était prévisible que j'en passe par les haïkus.
Leur acuité me modifiait. Leur finesse. L'humour, le retrait. Une exactitude telle qu'elle en devient presque nécessité. Presque : la contingence aussi l'habite, et même en premier. Pas de haïku sans le fortuit, l'accidentel.
(...)    La question du rythme commandait. (...) Le reste en découlait. Il fallait trouver une règle propice à l'unité de tension d'un bref à l'autre. Au cours de mes lectures je m'étais fort intéressé à cet aspect, depuis les tanka jusqu'à leur réduction progressive aux trois vers des hokku métriquement basés sur les chiffres 5 et 7.
 ... Peu à peu le seul tercet de mode 3-5-7 librement ordonné s'est imposé par sa souplesse contraignante et utile. (...). Certains moments particuliers ou associations de mots (minoritaires) suivent toutefois le trois fois 5.
La Saison des Saisons traverse, aère, soutient les autres : paradoxale basse  continue espacée. (...) Ses brefs en italique se succèdent latéralement sur une ou des hauteurs variables, croisant ceux des Saisons.
L’achèvement progressif des Brefs des Saisons me fait sortir d'une pratique longue (...) aussi dubitatif que soulagé. (...) Mon inquiétude (...) se rapporte à la seule question de l'effet. La monotonie ne l'emporte-elle pas sur la finesse ? - me dis-je, à relire ces nombreuses pièces... Il faudrait que s'y marient la tonalité  un peu mate d'un fond  mélancolique et l'allant de la fantaisie.
Ceci enfin. Pour le grand Bashô, le haïku "c'est simplement ce qui arrive en tel lieu, à tel moment". Les brefs de ce recueil, qui me sont effectivement arrivés, s'adressent au lecteur en regard des  siens propres, écrits ou non, rencontrés à tel détour de son quotidien. Nous sommes tous porteurs d'éclats de poésie.


Trois pages des Seconds Brefs des Saisons


Seconds Brefs des Saisons, Automne 1                                                 


De la fenêtre-accoudoir
l’œil qui plane           plus près des oiseaux


On a dû fouler le ciel
Ces traces laissées
gris sur bleu


La remontée d’un visage                        fait la chasse                               aux prénoms en fuite


Brume effilochée
Le soleil
se voile un moment la face
                               
Ce qui manque
                                               au front des hauts murs pensifs ?
                                 un récit de rides


Aboiements plus rauques
au fond des jardins rouillés
C’est l’automne


                       
                                                                       Vers le soir
                                                                                   à l’heure imprécise
                                                                       sons mats,          gravité   des      voix




Seconds Brefs des Saisons, Hiver 3



Vivre à vue                    Lointains qui pointillent              la souple extension du ciel

                        Soleil bas
Un ramier se lisse
entre deux vols puis repart

Janvier
L’eau ne gèlera pas
   Les poissons assidus nagent


      Crispées sur un vain recel
les nervures                                   Frôlement                discret sous les branches
    de la feuille au sol                           Silence et plus un seul geste



            Vieillissant                   visage au miroir
                                                                       hormis le regard peut-être


                Les fumées à leurs esquisses
                           plaquées sur le soir
immobile


Seconds Brefs des Saisons, Été 1

  
Immobile                       à suivre les tours             du sang, des pensées, des heures

Parmi les nuages
             j’en   vois un               bleu, dessiné par les autres

Ses trois fleurs
parfumaient la table
  en    éclats,              l’azulejo


                                               Ainsi
                    revêtu
                                 de feuilles,
                                              arbre
                 à son tour, le
                                          vent
                     d’été

    
Soleil suspendu
     au sur-place
        croisé des moucherons fous


Au gré sinueux des cartes
la patience                                 Mains aventureuses


Jour qui baisse
Des objets remonte
    ce que voilait la lumière
















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