D'AUTRES BORDS, Trapiello Andrés

                             

CASINOS

 

Casinos de esos pueblos en las tardes lluviosas

llenos de aburrimiento. Penumbrosos salones

donde se habla en hectáreas. Arañas. Polvorientos

jarrones. Soñolencia. Tableros de ajedrez.

Abecés atrasados con el papel ya flojo

de haber sido leídos por demasiadas manos.

Eternidades. Siempre la luz modesta. Grandes

sillones con gutapercha roja. Cortinones

espesos y testeros color café con leche.

Socios. Conversaciones de adulterio o de duros.

¡Casinos de esos pueblos donde se huele a establo,

a loción de barbero y a suelos con lejía!

Sólo tenéis de intacto la mesa de billar;

su verde luminoso de pradera, las bolas

buscándose infinitas, sin repetirse nunca

como la vida humana, advierten al que llega

a vosotros, que sólo lo trascendente pasa,

que sólo lo fugitivo permanece y dura.

 

 

Andrés Trapiello

La vida fácil (1985)

 

 

                        CASINOS

 

Casinos de ces bourgs dans les soirs pluvieux

pleins d’ennui. Salons dans la pénombre

où l’on parle hectares. Araignées. Jarres

poussiérieuses. Somnolence. Échiquiers.

Abécédaires anciens au papier flasque

car de trop nombreuses mains les ont lus.

Éternités. La lumière modeste, toujours. De grands

fauteuils enduits de rouge. Épais

rideaux et parois café au lait.

Membres inscrits. Conversations d’adultères ou de gros sous.

Casinos de ces bourgs où ça sent l’étable,

la lotion de barbier et le carreau lessivé !

Vous n’avez d’intact que la table de billard ;

son vert lumineux de prairie, les boules

se cherchant à l’infini, sans jamais se répéter

comme la vie humaine, font signe au nouveau

venu chez vous que seul passe le transcendant,

que le fugitif seul demeure et dure.

 

(Trad. Cl.G.S.)  

 

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