APRÈS LA PÊCHE, Notes sur l'écriture



Écrire évolue entre les deux extrêmes de l’expression que sont l’explicitation et la concision maximales. Deux tentations éventuelles aussi. Or ni la parole-fleuve, ni le laconisme adossé au silence –à la limite, la logorrhée, le mutisme- ne tiennent, l’une par essoufflement, l’autre par asphyxie, dans le langage. Démarqué par identité de l’une et de l’autre, l’écrivain (littéraire ou non) se choisit une orientation, une tendance, ce qui déjà en soi constitue une acceptation du relatif sous les espèces d’un entre-deux inévitable et assumé.

Cl.G.S.


APRÈS LA PÊCHE, Notules

   

                     Le rêve de l’hiver triste : avoir été.

                         Cl.G.S. 



D'AUTRES BORDS, Potterez Harry

Tagueuse éphémère

D'AUTRES BORDS, Orléans (d') Charles


                                  

                                    DEUX RONDEAUX



Rondeau LXXII


Quant commanceray a voler,
Et sur elles* me sentiray, (ailes)
En si grant aise je seray,
Que j’ay doubte de m’essorer*. (prendre mon essor, m’élancer)

Beau crier aura* et leurrer, (verbe impersonnel)
Chemin de Plaisant Vent tendray,
Quant commanceray a voler,
Et sur elles me sentiray.

La mue m’a fallu garder
Par long temps ; plus ne le feray,
Puis que* doulx temps et cler verray ; (Puisque)
On le me devra pardonner,
Quant commanceray a voler.



Rondeau LXXIII

Je congnois assez telz debas
Que l’ueil et le cueur ont entre eulx.
L’un dit : Nous serons amoureux,
L’autre dit : Je ne le vueil pas.

Raison s’en rit, disant tout bas :
Escoutez moi ces malleureux !
Je congnois asez telz debas
Que l’ueil et le cueur ont entre eulx.

Lors m’en vois, plus tost que le pas*, (Je m’en avise aussitôt)
Et les tanse* si bien tous deux (les tance)
Que je les laisse treshonteux,
Maintesfois ainsi me combas ;
Je congnois assez telz debas.



Charles d’Orléans


Liens suggérés : se reporter au bas de la page des Rondeaux de Charles d’Orléans mise en ligne le 29 mars 2019.