D’UN PAS DE BALANCELLE
Les gens de basse mer qui voudraient du
tangage
Roulent sur des remous d’alcools immérités
Quand il est des marins aux longs cours
patientés
Nostalgiques du sol depuis leur bastingage
Hauturier d’une nuit flottée de vieux
bagages
Sans bien me souvenir pourquoi j’y suis
monté
– Ô poème-à-tangos par gros temps déponté !
–
J’ai passé mon silence à tes doigts doux
baguage
Charmeuse de la ligne assignée au jusant
Au matin de poursuivre à rebours des
gisants
En mettant pied terrien sur l’estran tu
ruisselles
L’obscurité se love au loin comme un
remords
Et tu absous d’un pas léger de balancelle
Le ressac même imperceptible de la mort.
(Dans le livre L’Impromise du recueil)
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