D'AUTRES BORDS, Iribarren Karmelo C.

                              

LOS DÍAS NORMALES

 

Llegan

y se van sin hacer ruido

        como buenos

clientes –,

luego el tiempo

los confunde en la memoria,

y ya ni sabes

si aquel lunes era jueves

o al revés.

 

Que no te engañen,

no son tan poca cosa

como parecen:

                         suelen poder

con el amor.

 

LES JOURS ORDINAIRES

 

Ils arrivent

et s’en vont sans bruit

– comme de bons

clients –,

puis le temps

les mélange dans la mémoire,

et tu ne sais plus

si ce lundi-là était un jeudi

ou le contraire.

 

Ne les laisse pas te tromper,

ils ne sont pas si peu de chose

que ne le dit leur apparence :

                                               capables qu’ils sont

d’en finir avec l’amour.

 

 

 

LOS HOMBRES PRÁCTICOS

 

Dan su medida exacta

en los parkings de las grandes superficies,

sobre todo los sábados.

                                        Son esos

que hacen una compra enorme,

para toda la semana,

y llenan el depósito a tope,

y se incorporan luego a la autopista

tan tranquilos, silbando…

 

El dilema sobre si sus vidas

carecen de sentido o no,

no parece preocuparles demasiado;

 

es más, viendo cómo te miran al pasar,

se diría incluso que prefieren dejarlo

para esos tipos tristes y solitarios como tú.

 

                        *

 

LES HOMMES PRATIQUES

 

Ils donnent toute leur mesure

dans les parkings des grandes surfaces,

le samedi surtout.

                              Ce sont ceux

qui font d’énormes achats

pour toute la semaine,

et le plein à déborder,

et qui s’engagent ensuite sur l’autoroute

si tranquilles, en sifflant...

 

Le dilemne sur le sens

qui manque ou non à leurs vies,

ne semble pas les préoccuper à l’excès ;

 

il y a plus encore, à les voir te regarder au passage,

on dirait même qu’ils préfèrent le laisser

à ces types tristes et solitaires comme toi.

 

                        *

 

LA SOLEDAD ES ESO

 

La calle

tras la última sesión;

veinte llamadas perdidas

sin respuestas;

en el frío gélido del amanecer,

un tipo

atravesando un parking

hacia su coche…

 

La soledad es eso, ahora lo sé:

                                                   lo que hay

antes y después de tu nombre.

 

 

C’EST ÇA LA SOLITUDE

 

La rue

après la dernière séance ;

vingt appels inaboutis

sans réponse ;

dans le froid glacial de l’aube,

un type

qui traverse le parking

vers sa voiture...

 

C’est ça la solitude, je le sais à présent :

                                                                  ce qu’il y a

avant et après ton prénom.

 

 

Karmelo C. Iribarren

Atravesando la noche

(Ed. Huacanamo, 2009)

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