A A . en una esquina
Aquí, al volver el sol, ha confluido
mi sangre con tu sangre de noviembre:
verde seco es vasija de otro verde
seco que abarca toda la costumbre
de renacer -cenizas son
los días diecinueve y cada noche
en que Saturno manda en las estrellas-
No hay lugar para ti y para mí juntos
en esta ciudad rota en la que somos
tú y yo, no lo mejor de cada uno
sino tú y yo. No hay sitio.
Hay una esquina
que, aunque lugar de citas imposibles,
es el único punto que nos queda
para que la belleza del encuentro
y el dolor consecuente a la belleza
dignifiquen al menos nuestra ausencia.
Aníbal Núñez
Noviembre, 1974
À A. au coin d’une rue
Ici, au retour du soleil, ont conflué
mon sang et ton sang de novembre :
vert desséché, coupe où se mêle un vert semblable
qui embrasse toute la coutume
de renaître – ne sont que cendres
les dix-neuf des mois et toutes les nuits
où Saturne commande parmi les étoiles –
Il n’y a pas de lieu pour toi et moi ensemble
dans cette ville brisée où nous sommes
toi et moi, non pas ce que nous avons de meilleur,
mais toi et moi. Pas une seule place.
Il y a un coin de rue
qui, bien que lieu de rendez-vous impossibles,
est le seul point qui nous reste
pour que la beauté de la rencontre
et la douleur consécutive à la beauté
donnent au moins sa dignité à notre absence.
Novembre, 1974
(Trad. Cl.G.S.)
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