COMMENCEMENT ET FIN
(Fugue sur deux substantifs)
Le commencement
ne s’arrête pas
et la fin ne cesse
Ton sang tu l’oublies,
ce commencement.
Ce qui passe en toi
et n’a pas de fin
tu ne l’entends plus.
Au commencement
torrents et volcans,
à la fin des fins
le ciel et la mer.
Si tu comprenais ?
Si tu commençais ?
Si c’était la fin ?
Tu crois que le monde
vient de commencer
tu crois que le temps
n’aura pas de cesse
Admire la fin
du commencement
adore le jour
adore la nuit
qui t’ont dévoré.
Jean Tardieu
Poèmes pour la main droite,
in Formeries, 1976, Gallimard éditeur,
recueil inclus dans L’accent grave et l’accent aigu,
Poésie / Gallimard,
1986
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2019/01/hommage-a-jean-tardieu/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire