Six poèmes de Entre salants et large (
partie II )
1
Beaux jours altiers ces regrets glissent
Beaux jours altiers ces regrets glissent
à bien
se tutoyer se dire face à face
sur un
fond de légende au vide chaviré
— Il
était temps que la mémoire
en
contre-plongée te ramène
délesté
de pharamineuses
bribes
gisantes sur galets
couvés
en vain par des falaises »
Le timon
d’une vie s’ajuste et ne l’enchante
aucun
étagement de lignes descellées.
*
2
En vis-à-vis cristaux et tissu de poudre
que les grains fendent
D’une
part dépôt, dilution de l’autre
craquante
épaisseur de l’une aux lourdes strates
quand de
l’autre l’air libre et les courants les
noient
Regard
allant de l’un à l’autre
qui de
l’un et l’autre s’en va
De
l’immobile à l’hésitant qu’un pas enfin
sur les
ourlets de laisse ose un homme en son for.
*
4
Courir
patient hommage à la hâte du vent
Sa
bonhomie pourtant se laisse dépasser
d’un
regard aux ailes secrètes
qui sait
d’ici mieux embrasser
les prés
cloutés de brebis prémarines
et le
panorama souple de la ville
déjà
recueillie dans un soir concave.
*
7
Que sans remise soit l’effort second qu’il fasse
Que sans remise soit l’effort second qu’il fasse
tenir se
soutenir dans la marge aux scansions
qui
sollicite et tourne assidûment la tête
Les
pieds sans prise sûre persister
dans le
friable vieux ciment tardif ce sable.
*
14
Des sources en réseaux rivières bras de fleuves
aux
nappes répandues si proches de la mer
Évasements
bordés
où le
gré du ciel se reflète
libérant
reprenant sa lumière
Transpire
de cette eau un gage de teneur
plus
vaste et à venir
comme un
saunier sur le gué lisse
– légère gravité sa scansion souple.
*
17
Au dernier flou des sentes
– leur horizon tourné –
l’exaltation
des prairies à nuages
Ce qui
déçoit l’espace
est-ce
son démenti – qu’un plus ouvert que lui
ondoiement
sans finir d’un angle se déclare ?
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