APRÈS LA PÊCHE, Notes sur l'écriture

  

La roue des penchants et préférences tourne d’une époque à l’autre, poussant à s’éloigner de créateurs consacrés, en mettant d’autres, moins reconnus, sur le devant de la scène. Ainsi, d’une spire à l’autre de ces cycles, on s’écarte ou se rapproche de tel ou tel, indifférences ou intérêts se succèdent. Jean de Sponde tombe dans un long oubli avant d’être redécouvert et valorisé depuis le milieu du XXe siècle. Saint-John Perse, qui reçoit en pleine gloire poétique le prix Nobel 1960, s’efface peu à peu des hommages et références dès la fin du XXe s. Les poètes de la génération surréaliste servis par la combinaison de leur talent et de leur engagement politique ne retiennent plus tous aujourd’hui le même intérêt. On pourrait multiplier les exemples littéraires, comme les artistiques, de ces évolutions collectives des regards et des goûts, évolutions que l’on retrouve dans les sphères individuelles, certaines alignées sur les collectives, d’autres singulières. Une sorte de bon usage de la considération d’œuvres transitoirement placées sous les signes relatifs de l’oubli ou de la faveur serait-il à cultiver ?

 

Cl.G.S.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire