APRÈS LA PÊCHE, Notes sur l'écriture

 

La pratique poétique courante développe des processus associant le mental et sa projection écrite. Par comparaison l’orale, mentale elle aussi mais sans traces objectivant noir sur blanc le travail d’étape en étape, ne bénéficie pas d’une équivalente capacité combinatoire. La mémoire et le présent de l’acte y sont aussi à l’œuvre, certes, mais dans un champ « invisible » dont la volatilité peut brouiller les variations. D’où peut-être, ou sans doute, le penchant de l’oralité à la reprise, au retour, à des repliements rythmés (dès lors mieux mémorisables, plus pauvres aussi) de formes et de thèmes, ainsi moins nombreux, plus récurrents. La poésie écrite, elle, se complexifie, s’enrichit  sans cesse du va-et-vient entre mental et support lisible. Sa figure-clef n’est ni le cercle ni la spirale, mais l’arborescence. Deux tendances distinctes qui ne doivent pourtant pas induire de différenciation qualitative. Il y aurait sous cet angle à longuement examiner leurs avantages et faiblesses respectifs, lesquels en conclusion pourraient infirmer certaines vérités communément admises sur l’une comme sur l’autre. 28-2-21 ~ p50 CF 18-3-21

 

Cl.G.S.

 

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