SAVEZ-VOUS CE
QUE C’EST QUE MICRO-NOUVELER ? *
On écrit un court récit sans omettre une touche déconcertante ou une prise
renversante à la fin.
On le relit. Assez souvent cela se tient, touche finale comprise, mais
il faut condenser le récit, trop long qu’il est.
Alors, en s’efforçant de ne pas l’affadir, on réduit l’écriture. Pas
facile et passionnant ! La contrainte libère des possibles. On atteint par
essais les cent mots, ou les cent cinquante, ou tel ou tel autre nombre, selon
le critère adopté. On mesure le chemin de retrait parcouru, dont on s’était
presque juré incapable. C’est que la langue est souple, et variés ses chemins.
Il arrive aussi, plaisir complémentaire, de se laisser un
peu aller au fil de l’encre dans un format plus large, de l’ordre d’une page
d’écriture par exemple. On avance à touches crépitantes ou l’on flâne, on
poursuit, on revient, on n’avait pas remarqué un point de vue, une façon d’approcher,
sous un angle modifié on explore, on s’en tient là ou non. Tout compte et rien
ne pèse ni ne contraint forcément. Quand le moment viendra d’un intime accord,
on mettra le dernier point, le mal nommé, en faisant en sorte de le faire
ressembler à un trou de serrure à travers lequel deviner d’autres parcours...
Et dans la nuit qui déjà tourne à l’aube, on s’allonge et l’on sommeille ou
l’on dort, on continue plus loin dans l’invisible.
* Dans le souvenir de Madame de Sévigné
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