APRÈS LA PÊCHE, Poèmes


                                   


Révocant souvenir


L’ardu prend la douceur de la Mélancolie

Se resserrent les murs et sa voix bue se verse
dans la seconde oreille, et la charme, et l’obture.
Son délicat poinçon s’insinue touche à touche,
caressant loin dedans, combien exquisement

Il a suffi qu’un cœur oublie son vasselage
à mieux battant que lui, traversier le menant
là où il ne savait, où le rendait heureux
de se perdre éperdu, d’ainsi se retrouver,
pour que dans le sofa, lente dévastation,
décroisant sans finir l’effilé de ses jambes,
elle tende la clef par laquelle enfermer
un incommensurable avant de le bannir

Elle est, en dessous gris sous haut chignon défait,
chaloupement spécieux, don de la Mer des mers.
Le galbe de ses seins tient mieux que par promesse
le regard fasciné qui rôde et va se perdre
vers la hanche exhaussée de ce qu’il entrevoit.
De tès loin à très loin voguent ses yeux et lèvres, 
son sourire d'ailleurs, plissures d'étendues
Ô sourcils dessinés pour l'aller sans retour !

Toute lumière pour son art de confirmer
la somptuosité sourde de la défaite !

Alors tout peut aller très vite, se dissoudre,
et le buveur dans ses rasades de néant.
Ou, parce qu’il pourrait se vouer au contraire
de ce qui dans son âme est chéri, qu’il décide
que le temps derechef à son for se suspende.
De la bouteille unique aux récusés tessons,  
intacte (se peut-il ?) entre Viens ! et Du large !,
que la Mélancolie ose remplir un verre :
Elle y sera noyée ignominieusement.






Cl.G.S. 
février 2019




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