APRÈS LA PÊCHE, Poèmes

                                       

Que voudrait-il encore, lui,
l’importun qui se fait de nouveau reconnaître
à cette heure indue
par sa façon de moins tirer sur votre manche
ou de ne plus, enfin, de ne plus guère,
de son presque non-geste
à peine ressenti dans le confus du soir ?

Il insiste de là, de la place trouvée, inexpugnable
de ceux qui n’ont jamais fini de demander
et demandent d’un art tenace et malhabile,
comme amicalement

Il se tient en arrière, au présent effacé
– mais sans rien effacer de sa vieille requête
fondue dans le banal disparate des jours

Le temps s’en va passant, s’en est venue la nuit

Et lui qui reste, clandestin embarqué
sur le pan d’une veste on ne sait pas comment,
(on ne va pas lui dire de partir, quand même !),
de son silence dit ce qu’on ne s’avoue pas

Et l’on finit sans bien savoir, vouloir, pouvoir,
par faire cas de sa patience
d’obstiné connaisseur du secret de Faiblesse
qui doucement penché vers l’autre que l’on est,
en se taisant
a fait céder qui se gardait de sa patience.



Cl.G.S. 
(Étant passé par Luc XI, 5-8)


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