APRÈS LA PÊCHE, Poèmes


                            

Petite ville du plateau,
tes  rues berceuses de maisons...

Des secrets confinés en deçà
des portes et fenêtres,
se cognant aux murs, rôdent.

Le vaste ciel redouble sur les toits
comme pour un enfoncement
de lumière.

Jérusalem inquiète à couver ton granit !

Pourquoi tes ailes n’ont-
elles pas su protéger,
au profond d’une vieille tendresse,
les poussins qui la recherchaient ?

Les renards sont venus,ont pillé,tué
pour tuer, au-delà de toute bombance.
Si repus qu’ils soient, ils se lèchent encore
les babines de souvenirs.

Leur engeance apprend sur leurs pas.

L’intérieur de tes plumes conserve
des traces de sang mal séché,
et si la vie continue, la hante
quelque chose d’infect dont se souille
la bruyante  joie de tes fêtes.

Mais la mémoire prend visage
de courage et de vérité ; l’humain
lentement l’emporte
sur les oripeaux de la fable.



Cl.G. S
10 avril 2019



Aux victimes civiles espagnoles
de la barbarie 1936-39...

Écrit après visionnage du film
El Silencio de otros,
Le Silence des autres
de Almudena Carracedo et Robert Bahar,
produit par les frères Almodóvar
Prix Goya 2019 du meilleur film documentaire
Prix Forqué 2018 du meilleur  documentaire


Le Silence des autres est actuellement 
projeté dans les bonne salles en France. 







2 commentaires:

  1. Je n'ai pas vu le film mais le poème est magnifique !

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  2. Merci chère Colette. Je l'ai écrit comme il m'est venu, des tripes, et (?) pour qu'il serve... Bon, vous avez vu les élections d'hier, le pire n'est (presque) pas passé...

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