SUR LE PONT, Montreur d'ombres (Legs de l'Insuffisant)


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LEGS DE L’INSUFFISANT

Si mal s’en souvenir c’est dire si l’on songe
Aux ancêtres défunts jamais éteints de soi
Tant d’à-venir demeure entre les bras ballants
Après les dilutions fatales aux sillages 
Tant d’imprécis est travaillé par la lumière
Qu’à force un héritier confusément les sent
Remuer vers ses fonds les ayant crus de cendre

L’héritier s’est levé de bonne heure il y a
Des dizaines d’années en écartant des nombres
Les Désormais Bientôt les Soudain faisaient homme
Irrésolu parmi entrelacs et réseaux
Qui semblaient quelquefois le soutenir et sour-
Dement se démentaient de nuit en Pénélopes
Amères ah quels coups de stylet quelle histoire

Et voilà qu’on s’assied un soir plus malhabile
Par tout un mouvement sans retour transporté
De ces splendeurs manquées tout à trac s’en reviennent
Remises d’errements  qui les éconduisaient
On se penche on contemple ainsi mieux un abysse
Poissonneux et d’échecs et d’imprévus reports
Ô lendemains gainés du chant de vos  silences

Tournant un peu la tête on rejoint à mi-pente
Échevelée  hilare et sertie de rejets
Tors, une descendance – non pas une mais sienne –
Reconnaissable à  quelque signe irrécusé
Puis baissant le poitrail des jours que rien n’exauce
D’un filet de voix nue plus audible on leur dit
  Tout ce vide pour vous je voulus l’habiter

Si j’ai cru rehausser de murs l’amour immense
Établir les dedans de quels confins obscurs
Au nom d’un plus que nous requérir fond et forme
Sachez que même en vain s’est bâti ce naguère
D’un maçonnage  de présents thésaurisés
Ci-veille sans gésir et luit l’Insuffisant
Qui vous lègue ses clefs à tourner ou à fondre.


Ce poème, remanié pour la présente publication, a paru le 22-01-2015 dans la revue en ligne La Cause Littéraire.





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