LA LUMIÈRE QUI T’EST DUE
Je sais que viendra le jour où jamais plus
je ne contemplerai
ton regard étonnant-étonné.
Dans tes seules pupilles
je vérifie encore,
tout surpris,
la beauté du monde
– et toi-même au centre,
qui l’illumines.
Aussi,
dans ce moment présent,
tant que cela reste possible,
regarde-moi te regarder ;
mets ton étonnement
entier dans mon regard,
laisse-moi te voir lorsque tu
me regardes aussi,
étonné
de voir par toi et de
te voir, étonnante.
Ángel González,
Automnes et autres lumières (2001)
(Trad. Cl.G.S.)
LA LUZ A TI DEBIDA
Sé que llegará el día en que ya nunca
volveré a contemplar
tu mirada curiosa y asombrada. .
Tan sólo en tus pupilas
compruebo todavía,
sorprendido,
la belleza del mundo
– y allí, en tu centro, tú,
iluminándolo.
Por eso, ahora,
mientras aún es posible,
mírame mirarte ;
mete todo tu asombro
en mi mirada,
déjame verte cuando tú me miras
también a mí,
asombrado,
de ver por ti y a ti,
asombrosa.
Ángel González,
Otoños y otras luces (2001)
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