L’ARAIGNÉE QUI CHANTE
À Jean de Tinan
De l’absence est en train de se tisser entre nous deux : l’araignée va chanter.
Laisse là ces puérils présages, poète, et sans prêter aux bagatelles du dehors l’ouïe, cultive ton sablier.
Notre présent va se casser en deux, ô ma déjà presque voilée, j’hériterai de l’avenir et le passé t’accueillera : l’araignée chante.
Le bonheur c’est d’y croire avec sagesse, or c’est avec folie que tu crois au malheur.
Sagesse, folie, défunts jumeaux de sa défunte voix, vous me parvenez ainsi qu’un zéro de silence : l’araignée a chanté !
(juillet 1894)
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