Le surpassement du banal
se tient dans le seul aujourd’hui
On l’a cherché sans trop y croire
On y a cru mais sans le voir
On l’a vu sans le reconnaître
On l’a reconnu sans le dire
On l’a surpris sans retenir
sa fuite loin du poursuivant
On a battu en vain l’espace
de tout un jour d’une vie d’homme
On en conclut à son absence
Des indices pourtant y luisent
en filigrane à fond de terne
– des pointillés ou inflexions
– des pointillés ou inflexions
dans la nuit qui entoure et serre
Les suivre est prendre un certain risque
Mais vaut-il mieux s’en abstenir ?
Vaut-il, planté à la croisée
des regards et chemins allants
de possibles ambivalents
– desquels peut-être un débonnaire
au spacieux geste intermittent –,
vaut-il d’opter pour l’immobile ?
Ce que le jour banal
détient,
ce jour d’hui qui trouble et attire,
n’a rien d’une verroterie
de lumière à prix sacrifié
ni d’un enchantement captieux
ou d’une extase aménagée,
d’une revanche après fadeur
des nourritures coutumières
C’est la simple simplicité,
effacée pour s’offrir entière
sous les espèces de son rien
que lui envient des profondeurs
sous les espèces de son rien
que lui envient des profondeurs
– façon de décevoir qui comble.
Cl.G. S.
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