Quand le
jour devient vide
dans le crépuscule,
quand commence le temps sans images,
que les voix solitaires se rejoignent -
et quand les animaux ne sont rien que chasseurs
ou bêtes traquées -
et les fleurs seulement senteur -
quand tout devient sans nom comme au commencement -
tu vas sous les catacombes du temps
qui s'ouvrent à ceux qui sont proches de la fin
là où grandissent les pousses du coeur -
tu sombres
dans l'intériorité obscure -
passant déjà la mort
qui est seulement un seuil venteux -
et grelottant de ce chemin
tu ouvres les yeux
dans lesquels déjà une nouvelle étoile
a laissé son éclat –
dans le crépuscule,
quand commence le temps sans images,
que les voix solitaires se rejoignent -
et quand les animaux ne sont rien que chasseurs
ou bêtes traquées -
et les fleurs seulement senteur -
quand tout devient sans nom comme au commencement -
tu vas sous les catacombes du temps
qui s'ouvrent à ceux qui sont proches de la fin
là où grandissent les pousses du coeur -
tu sombres
dans l'intériorité obscure -
passant déjà la mort
qui est seulement un seuil venteux -
et grelottant de ce chemin
tu ouvres les yeux
dans lesquels déjà une nouvelle étoile
a laissé son éclat –
Nelly
Sachs
Éclipse d'étoile, 1949
traduit par Mireille Gansel
Editions Verdier
sur la correspondance entre Nelly Sachs et Paul Celan :
https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/12/correspondance_.html
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