Le voisin a dit en confidence
du propriétaire d’un
grand champ d’à côté
qu’il n’est sans
doute pas bien de la tête,
« Andará mal de la cabeza »,
ayant tout
planté en alignements d’arbres.
De ces beaux arbres une
fois hauts,
acacias, prunus, conifères
acacias, prunus, conifères
– mais ce n’est
pas cela,
c’est qu’au
pied de chacun, en pyramide,
il a entassé de grosses pierres rondes,
de celles des
glaciations.
Rien de tel pour
nuire à une plante
en châtiant son
développement,
été torride
hiver glacial
par manteau
minéral intensifiés.
De la chambre de
l’étage on a vue sur le champ.
Si la pensée tourne
et revient perplexe,
les yeux ne
refusent pas de s’attarder,
la rêverie d’inventer
des fantaisies d’explication.
Dans la voix du voisin, on a pu sentir
ce retrait instinctif devant le dissemblable,
ce retrait instinctif devant le dissemblable,
l’étranger, le non-conforme,
le dévié.
L’homme est
pourtant assidu à l’ouvrage,
qu’on l’appelle
ainsi ou autrement.
Manie ou atteinte mentale, et alors,
quelle gêne en face, au fond des fonds ?
Il vient suer des heures avec sa serpe
quelle gêne en face, au fond des fonds ?
Il vient suer des heures avec sa serpe
pour que luisent
les pyramides
dégagées des
touffes d’herbe.
On le voit les
mains sur les hanches
entre deux
séances de coupe,
profilé sur le ciel violent,
profilé sur le ciel violent,
contemplatif et
peut-être heureux.
Et, vanité pour vanité, la sienne
Et, vanité pour vanité, la sienne
occupe tout
un homme simple
en attendant que
la poussière soit,
et que depuis l’étage
les regards
cessent de
flâner,comparant
un tas pointu soigneusement
équilibré
à un autre un
peu plus loin, puis
à d’autres
encore.
Cl.G. S.
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