Prison
Je
me suis pris à l’aile exquise du hasard
J’avais
oublié de le dire
J’avais
perdu le sens de la distance
Dans
la débâcle du présent
Serré
dans les filets rigides de la raison
Étouffé
de forces précises
Je
tournais sans comprendre autour de la maison
Assis
debout perdu dans le délire
Et
sans mémoire à remonter aux limites obscures
Plus
rien à conserver dans les mains qui se brouillent
À
retenir ou à glaner entre les doigts
Il
n’y a que des reflets qui glissent
De
l’eau du vent
Filtres
limpides
Dans
mes yeux
Et
le sang du désir qui change de nature
Des
images
Des
images
Sans
aucune réalité pour se nourrir
Pierre
Reverdy
Le Chant des morts
1944-1948
Ed. Tériade 1948, Mercure de
France 1949
Repris
dans Poésie/Gallimard, 1981, Préface de François Chapon, et dans cette même
collection, en 2016, avec les lithographies de Pablo Picasso.
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