RUE
DE LA MARINE
C’était la rue pentue de la Marine
Qu’on dévalait bouche ouverte à tout vent
Les souvenirs me sont passés devant
Et mon futur s’est pris dans les salines
—– Oublieras-tu ces rives berbérines ?
M’a dit l’avenir en me poursuivant
Que feras-tu dis-moi dorénavant
Du souple enfant aux aiguisées narines
Humant à perte un parfum bel et bon
Serrant un feu qui lui a fait faux bond ? »
Le soir descend orphelin des sardines
Mais en secret la Mémoire-aux-Recels
Garde aussi bien dedans moi sceau et sel
Moi le perdant hormis de ma sourdine.
(Dans le livre Le Souvenir
avant-coureur du recueil)
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