APRÈS LA PÊCHE, Poèmes


                                  

Chopo*

Un peuplier blanc de Castille, là-bas,
celui qui dans l’enfilade
offre le plus de repos à la vue.
Il a longtemps creusé racine
pour ériger une offrande argentée
qu’on dirait de bouleau, en plus mat.
Hautes branches qui le résument,
où parfois des ramiers font halte,
comme à présent.
Le tenir pour inanimé !
Sa palpitation légère fait signe,
cependant que tout l’arbre
domicilié entre deux vents,
dans un couloir inoccupé du ciel,
ne compte pas son temps de la saison,
aquarellant blanc grisé, vert
tendre sur le bleu du plateau,
le regard d'un passant arrêté qui s'attarde.



* Peuplier blanc 
(prononcer tchôpo, tonalité sur cho)


Cl.G. S.
...2 mars 19



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