DEUX RONDEAUX
Rondeau LXIV
Quant tu es courcé* d’autres choses, (irrité)
Cueur, mieulx te vault en paix laisser,
Car s’on te vient araisonner,
Tost y treuves d’estranges gloses.
De ton desplaisir monstrer n’oses
A aucun, pour te conforter ;
Quant tu es courcé d’autres choses,
Cueur, mieulx te vault en paix laisser.
De tes levres les portes closes
Penses de saigement garder,
Que dehors n’eschappe Parler
Qui descuevre le pot aux roses :
Quant tu es courcé d’autres choses,
Cueur, mieulx te vault en paix laisser.
Rondeau LXVII
Quelque chose derriere,
Couvient* tousjours garder, (il convient de)
On ne peut pas monstrer
Sa voulenté* entiere. (volonté)
Quand on est en frontiere
De Dangereux Parler,
Quelque chose derriere
Couvient tousjours garder.
Se Pensee legiere
Veult mots trop despencer,
Raison doit
espargnier,
Comme la
tresoriere :
Quelque chose
derrière
Couvient tousjours
garder.
Charles d'Orléans, Poésies, II, Rondeaux
Collectif. Librairie H.
Champion, 1983
http://www.cosmovisions.com/CharlesOrleans.htm
De Mme Pilar Andrade Boué,
Quelques aspects de la Merencolie de Charles d’Orléans : http://revistas.ucm.es/index.php/THEL/article/viewFile/THEL0000110167A/33642
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