Entre salants et large
I 7
Affamé qu’a déçu d’un bleu veiné le fiel :
la
rareté même diffuse hante les eaux
et l’œil
n’épuise pas la clarté qu’il tamise
à
demander sourde raison de trop vieux deuils.
*
I 8
Corps en action présente : littoral
dont le
rythme recouvre et déploie l’estran
Suant
d’efforts aux jalons doublés, il s’étire.
*
I 9
Comme
émanant de brumes hauturières
de
successives loques de buée
disséminées
de proche en proche
Cette
haleine rétive à qui voudrait la dire
est d’un
autre air que de ce temps – où les sages sont fous –
danseuse
qui effleure et lie.
*
I 10
Ne descendra jamais l’éminent ciel jusqu’à
baiser
la mer qui se bombe et creuse
Si le
zénith était à l’horizon savoir
quel vœu
s’inventerait pour haussement de fables ?
*
I 11
Réitéré domaine aux us flous du rivage
alternativement
envahi et salant
Une
poussée tâtonne et se déprend
de sa
matrice à rose cardinale
En ne
rêvant plus d’aboutir elle s’adonne
à se
répandre à fleur de mer terre en cadence.
*
I 12
Car c’est en refluant souvent que la mer offre
aux
grèves délaissées ce rien de son liquide
pellicule
à ce point mince et peu relevable
dont la
langue à son avant-goût perdu repasse
la fuite
en va-et-vient sur le ponton des lèvres.
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