APRÈS LA PÊCHE, Poèmes



                                   


La cuiller a glissé du bord

Goutte de café sur la page

Essuyée, en allé le liquide,
demeure un rond brun barbé pâle,
tache ou trace
– mieux que souvenir : un soupçon de corps
faisant corps
avec la page à peine refigurée,
juste un peu modifiée
par l’indice
ténu entré en
permanence.

                            Cl.G. S.
13-1-19 matin


                           




5 commentaires:

  1. Je me souviens que dans mes premiers commentaires sur Lichen je t'avais parlé de Yves Leclair et de son recueil L'Or du Commun au Mercure de France. Ce poème est dans cette lignée. Dois-je préciser que cette colorature me ravit comme m'enchante la question à peine formulée mais doucement présente: Il y a quoi de si important derrière cette tache? Comme Léo Ferré questionne: La chaise de Vincent de quel bois elle était.

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  2. Oui, je vais tâcher de mettre l'œil dessus. Ah ! colorature est d'importation italienne, originaire de l'allemand koloratur, vocalise. On n'en a pas fini avec celles qu'échangent le réel et le regard. Merci d'être passé, Éric.

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  3. De quoi questionner une coloriste amateure sur le poids de la tache / tâche à accomplir...
    Beau poème !
    Merci

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  4. Merci de votre appréciation ! Cela m'est arrivé concètement ce matin-là, goutte sur une revue, en plus ! :)) L'effet m'a fait observer, rêver et écrire à la fois. Ce que l'on dit banal ne l'est pas au fond. Dépend de l'attention qu'on lui porte. Bien à vous

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    1. Le texte sentait en effet l'accident banal qui immédiatement questionne … pour offrir un moment d'évasion.

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