Si nos visages ont changé !
Avec tous les temps qu’il a fait.
Non pas des temps de turbulence,
rafales puis calme aggravé,
pluie violente et soleil à fendre
la tendresse des peaux froissées,
temps de brouillard coupant de givre,
temps de plusieurs temps détraqués,
mais temps rondement de la montre,
des planètes et des horloges,
temps de limace et temps si prompt,
serpent qui mord et se délace
et revient sinuer profond,
temps circulaire et qui progresse
sans jamais besoin de trancher
le lien entre aiguilles et centre,
sans aucun pivot révoquer.
Oui, nous avons changé visage,
par tant de rides modifiés,
ceusés, abîmés sous la fable
de la pérenne identité
à l’exaction de la semblance
et peu à peu destitués
de cette prime appartenance
de soi à soi-disant, aux jours
venus buriner, raboter,
défigurer, renvisager,
reformuler, reraturer,
puis nous gommer, nous effacer...
À l’insu pourtant des miroirs,
sous un accumulé de restes,
quelque champ latéral osant
parier sur l’âme plus dispose
qu’au destin la tenant enclose
dans l’oubli des vertes années,
se desserre un jour, un moment,
le nouvel angle imprévisible
où l’on surprend d’un inconnu
l’interrogation qui s’enfuit
– à ce regard on se retrouve.
Cl.G. S.
Cl.G. S.
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