Le soir tombe
et, comme en petite enfance,
chaque chose se densifie
Quoi que l’on regarde et entende,
quoi que l’on touche ou caresse ou palpe,
s’accoude en donnant du temps
une autre façon de recevoir
à la fenêtre de songerie
Laisser, laisser demeurer et changer,
sous la lampe allumée et autour,
ce qui prend corps si doucement de nuit prochaine, avec
emprunt à la douleur patiente de brûler
La fin promise, ses pointes
sur un étirement de l’heure,
avance en balancier
la vanité de l’ajournable
– frôlant à peine la minuscule
joie d’un fils du tournant du soir,
celle qui bat dans
un coin de l’intérieur
immense.
*
Entre chien et
loup, la pensée en apesanteur
se délove et parvient d’un essor à sa cible,
risquant l’excès aux dépens du reste
– cette faiblesse admise à l’ondoiement de soi
C’est un enjeu de prise avec le mouvement
intérieur dont la direction diffuse et lente
est visée libre de vue, élancement sans signes
Une souplesse explore la ténacité
de cloisons incongrues à fond de tête,
cherchant des passes vers le vaste et le dédié
à un dévalement dans le fil de sa source,
au creux d’une chambre où la veille usitée s’ébranle.
*
À contretemps
d’un temps de toujours écaillé, le ciel
a eu beau s’élargir en floraison
de tentatives de passage à du plus limpide,
une arrogance retombée gît confondue
avec la pellicule de poussière que la lampe
lisse d’un rai songeur
– son doigt de concision sur la bouche des choses.
*
Les premiers
grains dissous dans l’assombrissement,
qu’une main efface la pollution lumineuse,
et la nuit de profil épèle
en confidence une clarté seconde
Dans cet entre-temps les yeux ne regardent
pas davantage
Ils ne voudraient
que voir,
sans-texte ponctués des premières étoiles.
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