TRIPTYQUE POUR UN
CAFÉ
1
Depuis ces tables de
café,
parcours
sans marques déposées
L’attention
imaginative
prend
son temps parfois à la suite
de
profils, énigmes passantes
fondues
dans le flou de ce jour
– Ce
jour qu’on ne voudrait pas trop
lire, à
supposer que nous soit
prodiguée
au long des regards
la certitude de justesse.
2
Dans ce café où les
profils se tendent
vers la
télé, tous attelés aux news
(aux
ressassées aussi mal qu’aux nouvelles),
l’espoir
voudrait se défriper les ailes,
cherche
son vol en rond dans ce rectangle,
se cogne
aux murs aux moues et aux images
– Et rarement, mais précieuse occurrence,
que tel
visage échappe à l’attraction,
puis
qu’un second lui réponde d’un rien,
il
se pourrait qu’on ne sait quoi commence.
3
Les clients du comptoir tournent
le dos aux autres
Peut-être
un des reflets du zinc ou le sourire
discret
de la serveuse a fait changer de cap
à
leur envie de s’attabler devant un verre
On
ne sait pas, c’est un secret sans importance
(On
dit si rarement quand le secret en a
car
c’est déjà trahir sa tenue ou teneur,
et
le plus cher n’est bien souvent que de tenue)
Il
faut les laisser l’œil perdu dans une immense,
lisse
indéfinité belle de ses lointains.
Salamanque,
mai 2018
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire