D'AUTRES BORDS, Patocchi Pericle




Chant des Proverbes



Délivre-nous Visage des visages

de l’œil noyé qui hante nos miroirs.

Hors de nos cœurs seul est pur le voyage.


Salut fourmis ! hourra cortèges noirs
sur les chemins de la bonne fortune !
Mieux vaut l’étonnement que le savoir.

Cet amoureux qui s’appelle à la lune
quand le soleil est maître du désir...
L’ami de l’eau court par sables et dunes.

Le goût de vivre et le goût de mourir.
Paix de la mort ou plaisir de la vie
chaque bonheur nous invite à partir.

Que me veux-tu clamant ta jalousie ?
Suis-je fidèle et je suis ta prison
— oh liberté qui nous lie et délie !

Bonjour toutes les choses qui s’en vont.

  
 (Poèmes de soie, in Pure Perte)



Pure Perte

Je vous donne mes yeux
jetez-les à vos fleurs,
je vous donne ma voix
pour vos chambres sonores.

Je renais en tombant
de mon haut dans la mer.
Disparu ! Quel poisson
se nourrit de mon cœur ?

Oh, la paix d’être enfoui
quelque part, sans connaître
qui je suis ou je vis
dans le feu clair de l’Être.

Pure perte. Désir
libéré par le chant.
Le passé, l’avenir,
quels beaux vents dans le vent !

Ces paroles ? C’est vous
qui les dites, amis.
J’étais moi, je suis vous
et ma fable est finie.


(Poème final du recueil
Pure Perte
Mercure de France, 1959)
                         





   

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire