EN CALE, Cincinnatus ou le Pouvoir sur le pouvoir (Acte II et fin de la pièce)


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                                                                 Acte II, Scène 1


                                                      
Au soir du lendemain. Sur la terrasse de la villa, Racille va et vient, seule, tendue, les cheveux défaits.
R. Mon époux n’est plus là… Je ne peux, je ne veux  dormir ni manger… puis-je vivre sans lui… Si mal sans lui et dès le soir du premier jour… Son épaule me manque, et sa bouche, et  ses mains… Ô Dieux de Rome, vous, tout-puissants et bienveillants, écoutez-vous ma voix ? L’écoutez-vous ? Elle se tait un moment. Je sens que oui… Vous prêtez attention aux fidèles, et j’en suis. Je suis l’épouse du plus vertueux des Romains. Pas un instant je n’ai voulu le retenir. J’accepte tout quoi qu’il arrive. Pourtant je peux vous demander, n’est-ce pas ? Que dis-je demander ? Vous prier et vous implorer. Moi, épouse et citoyenne, et mère.  Épouse bien-aimée, bien aimante. Citoyenne de la Lumière des Nations. Mère privée de son cher enfant. L’épouse voudrait tant que l’époux lui revienne. N’avez-vous pas béni notre hyménée ? Ne soyez pas contradictoires… Pardonnez-moi si j’abuse des mots, c’est que je souffre devant vous. Seule depuis hier et pour combien de temps, comment mon cœur, ma chair, supporteraient  l’arrachement ? Que cet arrachement n’aille pas jusqu’au deuil,  ô Dieux ! S’il vous plaît… S’il vous plaît oubliez mon audace, ne retenant que ma supplique ! Merci, ô Dieux de Rome, et Gloire à vous… Elle se tait de nouveau et se prosterne, puis se relève.  Mais c’est aussi la citoyenne qui vous supplie dans son tourment. Cincinnatus est le diamant de la Cité. Rien ne le raye, rien ne ternit sa gloire. Il éclaire la Ville. La Ville s’en remet à lui pour la deuxième fois. Comprenez-vous… Oh oui, je sais que vous le comprenez… Il faut bien qu’il l’emporte et survive. Qu’en l’emportant il sauve la Cité. Qu’en survivant il reste son recours si un autre malheur la visait. Nouvelle interruption, pendant laquelle on la sent pensive. Écoutez-moi vous dire aussi…L’âge sur lui n’a pas de prise. À soixante ans il en a trente ! Vous étendez sur lui chaque jour la jeunesse. Ô Dieux, ne le faites-vous pas afin le garder disponible pour Rome ?  Elle fait encore une pause, puis reprend. Et pour qu’un jour son autorité fasse revenir Céson, lavé de tout opprobre ? Lui seul par son prestige obtiendra la  réhabilitation. Une mère vous supplie pour son fils qui lui manque dans son exil inique. Et vous supplie car lui et Léa s’aiment, si beaux fiancés mais si tôt séparés…  Écoutez donc,  ô Dieux ! Trois voix dans la même Racille tentent de vous rappeler  pourquoi  étendre votre protection sur cet homme si noble. Je sais trop bien que j’argumente, que devant vos Grandeurs je ne devrais pas ! Vous êtes l’Intelligence et je suis si faillible. Elle reprend son souffle et, inspirée. Pourtant, ô Dieux, n’avez-vous pas mis en moi la Pensée, et n’est-ce pas vous rendre hommage que l’exercer ?  Ce que je fais valoir ne serait pas fondé ?  Nouveau silence. Elle joint ses mains en instante prière. Exaucez-moi… Mais je ne sais plus rien, que trois fois vous remettre  mon  intime désir. Je suis et resterai votre humble adoratrice… Oui, rien que votre volonté…  Elle se prosterne de nouveau et reste ainsi au sol, murmurant des paroles confuses. Puis elle se relève et se dirige lentement  vers les champs.


                                            Scène 2


Le lendemain, à l’entrée de la villa, vers le milieu de la matinée. Racille accueille Léa. Elles s’embrassent puis vont sur la terrasse.
L. …Mais si, chère Racille, je vais bien. Du moins autant que les circonstances le permettent. Je pense à chacun de nous, à Céson  et à tous. Les Dieux veillent sur Rome et sur nous.
R. Je veux le croire aussi… malgré cette incertitude…
L. Veux-tu apprendre un peu comment s’est passé hier le grand rassemblement sur le forum ? Mais ma question n’est-elle pas inutile… R. se tait mais la presse d’un geste ému. Allant  en ville pour des courses, je voulais en profiter pour  suivre l’événement et te le rapporter. Un mouvement se dessina dans les rues, une rumeur monta, la foule affluait. La place peu à peu se noircit de monde. Une estrade avait été disposée. Des trompettes marquèrent l’arrivée de Cincinnatus. Il portait la couronne dictatoriale mais était sobrement vêtu.
R. Comment imaginer autrement l’homme dont je partage les jours simples ?
L. Il a levé le bras et le silence a précédé ses paroles. Un discours assez bref, mais ponctué de pauses, comme pour que chacun se pénètre du message. Sa voix vibrait au-dessus de la foule, que je voyais fascinée. C’était un grand moment, Racille, et j’étais fière pour toi de pouvoir te dire ensuite combien l’autorité de ton époux s’imposait. Il exigeait l’unité de tous autour de lui. Il expliquait que les nouvelles troupes, vétérans et juniors, déjà enrôlées, s’entraîneraient dès l’après-midi sous sa conduite. Des murmures approbateurs ponctuaient son rappel de l’enjeu de survie de la ville, sa mise  en garde contre les éventuelles tentatives de division, sa menace de mesures sévères au besoin. J’ai remarqué non loin de moi les visages prudents de Verginius et Fictor. Et vu, sur ceux de la plupart des présents, la confiance et le soulagement d’avoir un vrai chef. Puis Cincinnatus a juré de sauver Rome, fût-ce au prix de sa vie. Racille couvre un instant de sa main son visage. Avant de se taire, il a prié les Dieux pour le salut de tous, pour la concorde et la justice. Sa ferveur  gagnait  la foule, et la foule entière l’acclamait.
R., très émue. Sois bénie, ma fille, j’y étais à travers tes paroles. Ô Léa, mon époux, notre héros vaincra pour le bonheur de tous. Un jour aussi… Son regard se perd un moment dans le vague. Elle étreint Léa. Un jour que j’entrevois, ton bien-aimé, mon fils, sera de nouveau ici-même avec nous… Mais n’est-ce pas ton grand-père qui nous vient ?
É. Familier de la maison, il approche et sourit. Hier fut un grand jour, Racille.  Sois fière de ton époux dictant ses décisions aux Romains sur le forum. Léa t’a raconté…
R. Tout, cher Émile, avec fidélité, j’y étais aussi grâce à elle.
É. Mais que sais-tu d’hier après-midi ?
R. Je sais que Cincinnatus dictateur a voulu entraîner lui-même l’armée nouvelle…
É. … J’y étais. D’abord la chose a étonné par sa simplicité. Comment, un dictateur et sa couronne au milieu de la troupe ? Mais les seniors émoussés et les novices avaient besoin de sa présence. Dans les friches entre les collines,  armé comme eux, au milieu d’eux, il repassait des heures durant les  rudiments de l’exercice, affinait les manœuvres, encourageant, rectifiant, félicitant. Quelques officiers rappelés le secondaient J’ai vu l’armée qui prenait corps. Les plus âgés rajeunissaient, tandis que s’endurcissaient les jeunes. Ils n’avaient d’yeux que pour le chef. À la fin de la longue séance, la joie anticipée de reprendre aujourd’hui luisait dans les regards.
R. Je savais que le Dictateur remplirait son rôle exemplairement, hier, aujourd’hui et ensuite, jusqu’à la victoire.
É. Jusqu’à la victoire, dans Rome nul n’en doute.
R. Mais l’homme… Mon époux ? As-tu pu échanger quelques mots avec lui ? Que t’a-t-il dit ? Comment est-il ? A-t-il…
É. Il est tout pénétré de son rôle, très attentif à tous et à tout, ne laissant rien au hasard. On sent sa volonté d’agir pour l’emporter  au plus tôt. Les étapes sont brûlées sous sa main. Toutefois…
R. Dis-moi encore, cher Émile, dis-moi.
É. Eh bien… Cherchant ses mots.  Après nous être embrassés j’allais partir, mais il m’a retenu, me fixant du regard, et son œil était doux. Sortant ceci de son armure, il me l’a mis entre les mains en murmurant à mon oreille : — Racille… avant de retourner au devoir.
Il tend à Racille un mince étui de cuir. Elle l’ouvre et en sort, nouée par un ruban, une  mèche blonde. Elle la porte à ses lèvres puis à son sein, puis, dans un souffle, bouleversée :
R. Une boucle de lui, cette boucle pour moi ! Ô mon Quentin Cincinnatus… Béni sois-tu, mon époux et mon bien !


                                                      Scène 3



Au Sénat de Rome, quinze jours plus tard. Racille, introduite à sa demande instante en compagnie de Léa, est reçue par le Sénateur Doyen. 
S.D.  Salut à toi Racille. Tu as pris sur toi de venir et  tu as insisté longtemps pour me voir. Je reçois donc l’épouse de Cincinnatus.
R.  Je t’en rends grâces, Doyen.
SD.  Pourquoi n’es-tu pas seule ?
R.  Doyen, Léa est la petite-fille d’Émile, intendant de Cincinnatus. Elle n’a plus mère ni père…
L..  J’en ai trouvé en Racille et Cincinnatus.
R. Nous sommes inséparables ! Léa aime Céson, notre fils, banni à cause d’un procès injuste, et est aimée de lui.
SD. Un procès injuste… Je sais… Il faudra bien un jour enfin le réviser.
R. et L. Ensemble, très émues. Sois remercié,  Doyen !
SD. Mais… Que me veut l’épouse de Cincinnatus ?
R. Moi, citoyenne, j’ai voulu comme lui qu’il sauve notre Cité en vainquant les envahisseurs. J’ai accepté l’incertitude de son sort, m’en remettant aux Dieux de Rome. Et moi, épouse tourmentée, à présent que des jours ont passé, je n’ai pu attendre davantage et suis venue te supplier. Te supplier de me donner des nouvelles du salut de Rome… Elle se trouble et, confuse :  Et de la vie de mon cher époux.
SD. Continue, Racille, ne crains pas.
R. Merci… Tu penseras que je ne suis qu’une femme à la démarche osée. J’en suis une en effet, et cela me rend fière, car cela m’a conduite, par la grâce des Dieux et l’amour de Cincinnatus, à m’unir à lui jusqu’à la mort, et à  être la mère de notre fils bien-aimé.
SD. Il est vrai, Racille, et je ne vois rien dans ta personne qui soit  moins noble que ton époux.
R. Ô Doyen, alors tu peux m’entendre et m’informer. Je fais devant toi le serment de garder secret ce que tu voudras bien me dire.  Léa se taira aussi. Léa opine de la tête en signe d’acquiescement.  Cincinnatus est-il en vie ? Où en est-il de son combat pour Rome ?
SD. Ô Racille. Cincinnatus est un homme heureux de t’avoir pour épouse et mère de votre fils. Écoute-moi et sois confiante. Il s’est porté au mont Algide à la tête de son armée formée, bien entraînée par lui, pleine de foi en Rome. Ses mouvements hardis ont fini par assiéger les assiégeurs de Minucius. Il a beaucoup risqué sa vie… Racille pâlit et manque de défaillir. Toujours à la tête de ses hommes et toujours vaillant.   Mais je veux pour ta paix aller à l’essentiel, Racille. Rome est sauvée et ton époux en vie.
R. Elle se jette à ses pieds en  pleurant de joie. Béni sois-tu de tous les Dieux, Seigneur…Il la relève. Elle se fige. Mais n’est-ce pas un rêve… Pardonne-moi… Où est… quand reverrai-je mon amour ?
SD. Il vient de revenir victorieux du combat me faire son rapport, sans avoir eu le temps de se changer. Appelant. Viens donc, Cincinnatus, approche à présent, et prends-la dans tes bras. Cincinnatus sort de derrière une tenture. Racille et lui s’enlacent tendrement. QC. est couvert de poussière et maculé de sang. Racille l’ayant embrassé l’examine et le palpe. Par ses sourires il la rassure. Léa montre son affection.
SD. Posant sa main sur leurs épaules. Voilà, voilà… les Dieux ont donc veillé sur Rome et sur l’exemple de Rome que vous êtes…



                                            Scène 4



Quelques moments plus tard, dans la grande salle du Sénat. Les Sénateurs sont assemblés. Le Sénateur Doyen, Minucius, Quentin Cincinnatus, Racille et Léa entrent. Un murmure d’expectation se répand à leur arrivée.
SD. Ô Sénateurs, gardiens des Institutions de Rome ! Nous voici réunis  à ma demande en ce jour d’importance. Minucius est de retour, et  Cincinnatus ici présent avec son épouse Racille et Léa, petite-fille d’Émile et fiancée de Céson, leur fils.
On entend des murmures.
Un Sénateur. Mais, ô Doyen, que viendraient  faire des femmes parmi nous ? Encore quelques murmures, approbateurs.
SD. J’ai jugé bon de recevoir Racille tourmentée  par le sort de Rome et de son époux.  Confiante et résolue, elle a osé venir à moi en compagnie de Léa qui est comme sa fille.  Racille, épouse et mère, modèle de citoyenne. Elle a beaucoup souffert en ces jours incertains. Elle et Cincinnatus viennent de se retrouver devant moi. Et moi, je ne veux pas les séparer de nouveau. Ni ne veux séparer Racille de Léa. Mais est-ce que la présence de femmes vous gêne ? Sénateurs, n’avez-vous pas mère, épouse, sœur ou fille, et ne les aimez-vous pas ? Ne sont-elles pas elles aussi de bonnes citoyennes au même titre que les hommes ? Il se tait quelques instants. Qui voudrait  aller  contre ma parole, qu’il lève la main !  Le silence s’établit. Aucune main n’est levée. QC. et R., R. et Léa échangent des regards aimants et affectueux.  Ah, personne ? Je dis que c’est bien ainsi. Il laisse passer un nouveau moment de silence. Vous l’avez deviné aux bruits qui courent dans la ville, mais je suis là pour vous le confirmer avec Minucius libéré et Cincinnatus libérateur : notre Patrie mobilisée derrière le Dictateur est sauve désormais et les Èques défaits et captifs. Gloire aux vainqueurs !
Sénat, à l’unisson – Aux vainqueurs, Gloire !
SD. Et je me tais pour que Minucius parle.
M. Ô Sénateurs. Moi, Consul, malgré mon expérience et ma bravoure à la tête de la troupe, je fus contraint par la ténacité et la ruse des Èques à me replier sur le Mont Algide et à m’y tenir assiégé. Avant ces combats, les tergiversations de certains citoyens, des menées complaisantes à l’égard de l’ennemi aussi, n’avaient pas été sans conséquences sur le moral et la conviction des soldats. J’en parle, non pour excuse, mais pour appeler à ce que plus jamais notre unité ne se dégrade. Je reviens aux événements. Ainsi empêché de tout mouvement, je demandai votre accord pour nommer dictateur  le seul Romain capable de l’emporter de par sa vaillance, son autorité et son prestige. Vous savez qu’il accepta en promettant la victoire avant six mois. Et cela fait à peine plus de quinze jours… Cincinnatus, comme un lion à la tête de toute sa meute bondissante, fondit bientôt sur l’assiégeant ici et là, puis là encore, imprévisiblement. Il ravageait ses rangs sans peur des coups mortels.  Pas un instant je n’ai douté de sa victoire. Pris en étau entre l’armée nouvelle  et la  mienne, les Èques survivants finirent par fléchir et ne purent que se rendre. Au pied du mont Algide, ils attendent leur sort avec crainte. Voilà, ô Sénateurs. Gloire à Cincinnatus !
Le Sénat tout entier.  Gloire à Cincinnatus  ! Au Dictateur, Gloire !
M.. Cincinnatus, en plus de la couronne dictatoriale, tu mérites ce jour l’obsidionale, que seuls portent les  sauveurs de Rome assiégée. À voix retentissante. Qu’on l’apporte sans tarder !
QC. Minucius, attends,  je te prie ! Cette initiative m’honore et je t’en remercie. Mais ceux qui ont combattu sous mes ordres et tous les citoyens mobilisés pour Rome la méritent autant.  Il ne serait pas juste que je la porte seul. Que nul ici ne voie dans mon refus un signe de mépris. Je suis humble, ô Romains, et savoir ce que valent mes actes me suffit.
M. Un peu déçu mais admiratif. Eh bien soit, Cincinnatus. En toi honneur et modestie ne font qu’un… D’un air entendu. Il faudrait que chacun des présents le médite… Mais écoute ceci :  Tu sais que Rome décerne le titre de dictateur pour six mois… Il en reste plus de cinq… Acceptes-tu de conserver honneur et charge jusqu’à la fin de ce délai ? Pour la Cité nous pourrions faire ensemble de grandes choses…
QC. Minucius, Sénateurs.  Je suis un fils de Rome et la vénère. La promesse que je vous avais faite,  je l’ai tenue. Notre Cité n’a plus à craindre désormais … et ma maison a grand besoin de moi. Il devient temps que je m’efface. Le haut pouvoir à moi conféré, je l’ai mis au service de nos valeurs. Exercer le pouvoir, c’est cela : rien que servir. Vous allez prendre le relais… pour servir, vous aussi. Seulement servir. Vous soignerez notre unité en confondant chaque fois ceux qui la sapent. J’en connais deux qui depuis longtemps la sapent. Ils  ont poussé à des arrangements avec les Èques, après avoir été longtemps avec d’autres à l’origine d’un procès injuste et de troubles. À cause de leurs menées, ma maison a été frappée d’opprobre et presque ruinée, vous savez comment. Depuis ces jours funestes, Racille et moi sommes privés de notre cher fils, Céson. Au nom de l’unité et de la justice, je demande humblement que soient confondus les tribuns Fulgius et Fictor et que Céson revienne à Rome dans ses droits.
M. Ô Cincinnatus, le temps est allé révélant la vérité de ce cas… Ta demande va être instruite sans tarder, la suite ne fait pas de doute…
Murmures d’approbation parmi les Sénateurs. Et maintenant qu’au nom de Rome je reçois donc de toi l’insigne qui t’a fait dictateur… voudrais-tu ajouter quelques paroles avant de redevenir le plus honorable des citoyens ?
QC. Il remet la couronne dictatoriale à Minucius. Après un silence assez long, que respecte l’assemblée, il parle d’une voix grave, comme à lui-même.  – Ô Rome bien-aimée ! Je t’ai encore donné ce que j’ai de meilleur… S’il le fallait à nouveau, sans faillir je le ferais… Jusqu’à la mort s’il le fallait… Les Dieux l’ont donc voulu, j’ai vaincu, je survis… Mon cœur les remercie. Je retrouve ma Racille… L’honneur de ma maison nous est bientôt rendu, Céson va revenir… Que toujours  tes enfants soient heureux en  ton sein… Dans l’unité et la concorde… Un jour lointain, peut-être, chacun de tes enfants portera nos valeurs… assez pour que chacun partage  ce pouvoir que j’ai voulu  service… En attendant, en attendant… que l’exercer soit toujours cette offrande à notre bien commun. Gloire à toi dans les siècles,  ô Rome bien-aimée. Ô Rome, Gloire à toi…
Cincinnatus salue puis, acclamé par le Sénat,  il quitte lentement la salle, entourant de ses bras  Racille et Léa.
QC. Allons, Racille et Léa… Allons nous consacrer au retour de Céson.



                                   Fin de Cincinnatus 
                                       ou
                      le Pouvoir sur le pouvoir  



                                          


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