Il faudrait plus
d’effacement dans la présence,
sans perdre corps,
laisser l’ouverture le fondre
assez pour ne plus le voir interposé
Qu’envolé des yeux, le regard
y revienne seulement
pour trouver sa lumière manquante
Que la main au besoin se repose
sur le creux réchappé d’un départ
encore palpitant dans le cœur à bas bruit
ou que, donnée, la parole
ne soit pas scellement
d’un espace inerme sans recours
Oh si cela ne vient que trop différé,
manquant la bonne heure,
puisse au moins son grain de vérité s’il en est une,
absous ou non du retard, peu importe,
s’agréger au gué mince qui tremble en travers
de courants congestionnés
par trop d’occupation, de pesanteur, d’urgence
Car si la rage a pu longtemps aux tempes battre,
un jour en s’asseyant on a mieux vu un ciel banal
au bleu poignant et gros d’encombre,
remous, signaux, foisons, fracas, regrets, tentatives, reports
Depuis, se taire est passé à écrire
en pointillé de noir et blanc,
cette couture pour unir
sans ligoter le jeu flou des ampleurs,
intermittence
clignotant
vers les autres.
Publié avec quatre autres poèmes du recueil dans Terre à Ciel, Un ange à notre table
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