EN CALE, Encres de songerie

Ouvrages édités
                         
                        

Dans cette maison recueillie sur elle-même
à proximité du chemin,
il doit bien y avoir
un vieux couple face à face à l’heure du thé

Ils s’inclinent l’un vers l’autre, que ce soit
par habitude ou affection résiduelle
ou encore, peut-on jamais savoir,
la braise de l’amour n’a pas entamé sa nuit
et leurs mains tannées, leurs lèvres à ravines
se frôlent patiemment à l’approche du soir,
en confidence avant d’allumer la lampe basse

Cela peut sembler ridicule et l’est vraiment,
comme est ridicule à sa façon l’élan
d’étalon récidiviste harassé
qui croit électriser l’élue puis l’autre
et une autre encore

Il ont choisi la voie moyenne, la plus dure,
avec force non-surprises, maints renoncements

On peut s’arrêter, les contempler sans voir,
toute la nuit pour réfléchir
enfermé là-dehors sur l’aire des folies en cendre,
leur faire un clin d’œil qu’ils ne recevront pas,
lancer une prière pour leurs étreintes
de regards et d’intonations,
leur façon de s’aimer,
si terne oh oui, 
au moins aussi splendidement que d’autres.      

         

 


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