EN CALE, Americanada


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PASSAGE DU SAINT-LAURENT





         Les bélougas de neige à l'épreuve des vagues

         Se laissent découvrir par à-coups dont l'argent

         Signe à longs pointillés l'amnésie de ces gens

         Traversiers d'un bleu-vert dont le fuyant les nargue


         Quelques îles ont beau donner des coups de dague
         À l'espace assigné par son espacement
         Et la proue du navire a beau éperdument
         Déchirer plus avant l'arc sans fin qui la bague

         Sans vous chers animaux aériens et marins
         Qui sinusoïdez en ébats souverains
         On désespérerait de ce trop vaste fleuve

         Parmi eux trop atteints par les Etats-Unis
         – Des doigts-pop corn aux yeux bleu ciel non démuni –
         Pour s'émouvoir en se mouvant sur ces eaux neuves



                                      *


XII


         Saint-Christophe-aux-Amis Sainte-Hélène-à-la-Mienne
         Laurentides fuyant sous les cahots du car
         Saint-Laurent dissolvant la notion de retard
         Par la poussée du large aux cloisons de nos veines

         Mistassini songeur sous les eaux qui reviennent
         Violemment à la paix des chagrins de départ
         Et Rivière-du-Loup que fend de part en part
         L'absence de ceux-là dont nous cherchions l'haleine

         En Gaspésie La Pointe aussi Cascapedia
         Outre l'eau cap à l'Ouest affranchi des médias
         Lac Saint-Jean récusant des convois maléfiques

         Égrenés du Québec jusqu'à rebrousse-mer
         Hors l'écume adopter de ces lieux pour amers
           Pour syntaxe l'amour pour cahier l'Amérique


                            *


XIII


                   Amérique Amérique où l'amour a pour être
                   L'appel du vide aux arrivants de tous les bords
                   Vide multiple au même énigmatique abord
                   Dont la moindre assurance est raison de renaître

                   Jamais venus à toi que pour en disparaître
                   Nous aurons en amour connu cet autre sort
                   De t'emporter à fond de sac secret trésor
                   Qui rends plus lumineux l’avenir des fenêtres

                   Résigner tes courants jusqu'à déambuler
                   Dans le Vieux Monde aux morts et aux vivants mêlés
                   Aux chemins contournés au roman flou des villes

                   Ne t'effacera pas de nos traversées d'air
                   Aussi longtemps que se maintient la tête au clair
                       Où que voguent les yeux sans faillir tu défiles




 

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