SUR LE PONT, Brevitas, Micro-nouvelles, présentation





Je nomme ainsi par une sorte d'affection ces petits récits (brevita est le diminutif féminin de l'adjectif espagnol breve).
Ce sont pour la plupart de très courtes nouvelles à contrainte numérique stricte.
J’ai découvert ce mini-genre (mini mais pas négligeable pour autant !) dans la revue Nouvelles d’Harfang. On y limite le nombre de mots à cent.
Parallèlement à plusieurs participations au concours mensuel   organisé par cette revue (quatre de mes textes ont été retenus comme micro-nouvelles du mois) j’ai pris plaisir depuis fin 2013 à cette pratique qui ne bride pas l’inspiration mais au contraire la stimule par la vertu paradoxale de la contrainte. 
La revue Littératures brèves elle aussi en a accueilli plusieurs dans son site.  
Trois ont paru dans Neiges (revue Landes)
La plupart de mes micro-nouvelles sont de cent mots exactement ; quelques-unes de cent cinquante. Je m’intéresse aussi aux textes encore plus réduits ou un peu plus déroulés et songe à en écrire davantage.



Deux Brevitas (100 et 150 mots)


... D’IRECTE


Ces lettres ont suscité en moi l’imagerie d’un port d’Orient... Irecte, quel toponyme plus évocateur d’une ville toute blanche, sur la mer bleue, aux bateaux colorés débordant de marchandises exotiques ?... Ou encore, ces syllabes d’ailleurs, pour un vers racinien ?  C’est elle que je veux ramener à Irecte ...ou...  Dans le lointain Irecte, à la pensée de vous....

Les feux du boulevard d’Ornano ont ramené mon attention au volant. IMPORTATIONS D’IRECTE barrait la devanture délavée d’un magasin de tissus. Moins déçu qu’amusé, j’ai remercié d’un sourire l’Orthographe, pour son ouverture aux écarts géniaux dont certains à leur insu l’honorent.


D'IRECTE a gagné le concours mensuel de micro-nouvelles de Nouvelles d’Harfang en février 2015



Genre


Se dirigeant vers l’entrée où j’attendais, timide, sans oser la franchir,  elle s’approcha et me montra soudain le sien. Je le reçus comme une décharge extrême de douceur. Il s’en dégageait une beauté si rayonnante qu’il me bouleversa d’emblée. Nous nous parlâmes un peu – mes paroles hypnotiques  subissaient le dialogue – sans qu’à aucun instant je parvienne en dépit de mes efforts à m’en détacher. Elle m’observait, intriguée, mais ma fascination ne troubla pas davantage notre échange. Puis elle  dut me laisser pour  aller accueillir d’autres invités. Ébloui que j’étais, j’avais bien du mal à voir clair.

Des années  plus tard, en écrivant ce souvenir par un matin d’hiver, dans un café de la ville froide, je me demande encore pourquoi la langue n’accorde jamais  l’autre genre à une manifestation pouvant s’avérer, comme ce soir-là chez quelqu’un dont la présence physique n’avait pourtant rien d’exceptionnel, aussi fémininement lumineuse : le sourire.


 









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