Effacement du peuplier
L’ouragan dégarnit les bois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je crois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je crois.
Son souffle affile ma vigie.
Qu’il est trouble le creux du leurre
De la source aux couches salies !
Qu’il est trouble le creux du leurre
De la source aux couches salies !
Une clé sera ma demeure,
Feinte d’un feu que le coeur certifie ;
Et l’air qui la tint dans ses serres.
Feinte d’un feu que le coeur certifie ;
Et l’air qui la tint dans ses serres.
René Char (Le Nu
perdu)
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