Plus grave des
regrets...
Plus grave des regrets, s’ennuyer du Regret qui décampe
derrière des semblants, des
nostalgies apprivoisables,
des souvenirs un peu grisés de
manque – loin de ces après-là
Car le Regret n’est vrai qu’au
singulier,
sans autre, seul à seul, pardon cher
Joachim,
et dans les tiens pourtant le même
se tenait,
si loquace enchanteur, impossible à
brider, refusant de tarir
Le regret qui nous creuse est à
l’œuvre aussi bien
dans le reflux des choses bien-aimées
qu’à même leur plénitude
Et de ce creusement, cette sape au
tréfonds,
s’aiguise, s’ incise et point
la douleur chère d’exister
Qu’elle aille sur ses voies sans
carte et hors d’haleine, hors d’elle
et nous tournant les épaules relues,
la nuque surtendue, le chignon dévasté,
sans plus rien faire entendre
que le battement flou de ses pas dans
l’ailleurs,
demeure le charmeur, corps à corps et
bien là,
qui nous lasse et nous tient, nous
maintient
en apnée, en fadeur extensible à
l’envi
infinissant le temps où se languit le
nôtre
–
comme on aime d’amour, s’ennuyant à mourir
de l’ennui du Regret, bel ici qui décampe. Cl.G. S
Ce poème est fort !
RépondreSupprimerJ'aime particulièrement ce passage :
"Et de ce creusement, cette sape au tréfonds,
s’aiguise, s’incise et point
la douleur chère d’exister."
Ah... Cette lame qui aiguise l'existence douloureuse et précieuse à la fois.
Que c'est juste et magnifiquement évoqué... "La douleur chère d'exister"...
Tout est dit en quelques mots ! Chapeau !!!
Merci Betty ! Il m'est venu d'un coup... Sans doute le portais-je depuis lurette.
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