Ouvrages en cours
NOUVELLES
Leur
premier titre a été Des nouvelles de
Camille.
J’en
ai réuni douze et les propose à l’édition sous le titre À propos de F., et autres nouvelles.
Si
j’écris surtout des poèmes, j'aime aussi, depuis 1992, bâtir des textes en prose : micro-nouvelles et nouvelles, celles-ci ne
dépassant guère une dizaine de pages de livre de poche.
Il
ne m’est jamais venu jusqu’ici de les développer au-delà : je ne le peux
ni ne le sens pour le moment, et je l’assume.
Mes
nouvelles m’habitent longtemps, sous forme de rêveries intermittentes, avant de
passer au papier ou à l’écran.
Je
les écris à l’écart de la préoccupation biographique, quoique la mémoire y
interfère, mais tellement moins que la fantaisie imaginative.
Il
me semble qu’une tonalité, sinon un accent, reconnaissable, parcourt ces
textes, les sauvant peut-être ainsi du disparate. Impression qui m’a poussé à
en proposer la lecture.
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Deux Nouvelles
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FILER
Il les avait aux trousses depuis au moins une heure et le savait. Emilien
savait ce genre de choses bien à l'avance. Obscurément mais avec certitude. La
clarté lui venait après. Cette fois elle était précoce : il avait remarqué
d’emblée les deux silhouettes et les avait reconnues derrière lui à plusieurs
reprises, dans la rue puis sur les quais du métro. Déjà familières au troisième
repérage. Il en était ainsi par ailleurs des scènes captées au fil de ses
déambulations. Souvent anodines, parfois pittoresques, vite enregistrées.
Traduites aussi, comme ce jour-là : les deux inconnus avaient très tôt
signifié "danger".
Il s’était rendu à Stalingrad et, sous une arche comme d’habitude, la
transaction n'avait duré qu'un moment – regards vifs, hochements de tête,
rapide échange, l’argent convenu contre les trois sachets de poudre, presque
tout dans le tacite. Après quoi il avait un temps flâné, rassuré par ses doses
en poche et friand des reflets sur l'eau le long des quais du canal peu
encombrés de promeneurs malgré le printemps splendide, car ce jour, ouvrable
pour la majorité supposée des gens, était comme tant d’autres vacant pour lui.
Resté sur le qui-vive mais sans plus rien noter d’inquiétant et se sentant
d’excellente humeur, il avait observé les signes de la saison qui l’enchantait.
Et comme il se retournait vers une jeune femme bien balancée sur des jambes
souples, la nuque auréolée d'une blondeur moussante, il les avait de nouveau
surpris en vision latérale, croisant leurs regards d'un air entendu et pas
assez furtif pour ne pas être lisible.
Alors fini le farniente. Emilien avait mobilisé la sûre combinatoire de ses
repères et, sans le laisser paraître, enchaîné des transitions habiles jusqu'au
métro. Dans les recoins de la station, ses carrefours brusques, ses variations
possibles de trajectoires offertes aux connaisseurs des lieux, son labyrinthe
en somme dont l'enfouissement souterrain le rassurait, là était la solution, sa
garantie de fuite indéfinie et de mêlée dans l'anonyme. Y disparaître, s'y
fondre, en ressortir essoufflé mais plus neuf, il savait faire, il avait
souvent fait. Mais après la descente peu à peu accélérée du premier
escalier, après la montée faussement anodine dans la première rame dont
l’ébranlement avait coïncidé par chance avec son arrivée au pas de
course, passé deux changements de direction, passé encore quelques
stations vite identifiées à travers les vitres sales et cliquetantes, il
n'avait pu que se rendre à l'évidence : les deux profils fuyants ne le
laissaient pas fuir.
La tension était montée en lui et il la sentit tourner à la
panique. Tant qu'il avait encore les idées claires, le souffle
léger, il lui fallait d'urgence les planter. Il repassa mentalement, très vite,
des "trucs" déjà éprouvés. Opta pour descendre au prochain arrêt
encombré par la foule, se coula dans le flot de passagers contrarié par
un autre en sens inverse, se laissa porter jusqu'à un
carrefour en rectangle où petits commerces et étalages à la
sauvette fixaient des groupes provisoires de badauds, se dissimula enfin
derrière un kiosque de presse. Entre les journaux qui faisaient persiennes, il
vit ses poursuivants passer à vive allure, puis allonger encore le pas jusqu'à
courir en se désignant l'un à l'autre une direction plus avant. Alors il
rebroussa chemin et reprit le métro dans le même sens que précédemment.
Emilien suait à présent. Garder le regard fixe, non appuyé, ni vers le sol
ni vers le plafond, comme s'il était programmé, usager tranquille, pour la
descente coutumière quelques arrêts plus loin. Au bout d'une quinzaine de
minutes, l'air de ne pas en avoir, il retrouva le quai et remonta vivement à la
surface. Il n'était plus loin de chez lui mais mieux valait ne pas y retourner
tout de suite. Vérifier d'abord, vérifier. Il tourna un peu sur la place où le
conduisaient au quotidien ses habitudes de café – elle était, dans ce
quartier retiré, presque déserte alors. Rien de suspect. Il changea de
trottoir, enfila une rue donnant après une centaine de mètres dans la sienne ;
et c'est alors qu'il les revit, dans une voiture roulant sans bruit à sa
rencontre. Elle ralentissait. Lui se trouvait près d'un passage dont il
connaissait l'autre sortie. Il s'y engouffra, traçant à toutes jambes,
s'entendit héler, quelque chose comme "Toi, là-bas ! !", accéléra à
fond, les coudes au corps, sans penser, foncer tout droit puis à gauche et
ensuite à droite une fois sorti, ensuite au feu un peu à droite encore, se
faufiler dans une courte impasse, pousser au fond la double porte jamais tout à
fait fermée d'une arrière-cour, ressortir par le défaut de clôture d'un
chantier, encore à droite et encore juste après, et le revoilà près de la
place.
Elle était calme et pour ainsi dire vide, prête pour sa veillée aux
lampadaires. Quelques pas encore, rapides mais sans hâte manifeste, et il se
retrouva dans sa rue. Impossible que les deux autres l'aient pisté. Rapide à la
course, sans en être vraiment fier il appréciait d'avoir des jambes, elles lui
avaient servi ce soir plus que jamais. Il traîna un peu sans rien noter
d'inquiétant alentour. Le cœur battant moins fort, à présent que sa sueur
séchait il commençait à avoir froid et sentait sa fatigue. Il n'avait plus
peur, n'était pas loin de la colère, ou en avait simplement assez. Composa le
code de son immeuble, monta l'escalier à pas de chat, dressant l'oreille à
chaque palier. Des bruits familiers transpiraient des portes, le vieux parquet
grognait à peine, Emilien progressait vers son espace propre par un espace
partagé à la banalité rassurante. Arrivé à son étage, tout en haut, il jeta un
nouveau regard en arrière, se figea aux aguets, ouvrit enfin sans bruit, se
glissa dans son studio obscur et, sitôt la porte refermée, se précipita à la
fenêtre. Le front contre la vitre, il scrutait la rue en se laissant aller à la
détente. Rien ni personne. Une fois de plus il s'en était tiré. Il commençait à
avoir sommeil, ne songeait qu'à oublier. Mais il lui fallait ressortir pour
planquer les doses ailleurs, comme il ne manquait jamais de le faire. Ne rien
garder chez lui qui puisse le compromettre.
Avant de remettre son manteau qu’il avait retiré pour plus d’aise, il
plongea machinalement sa main dans la poche droite et sentit le froissement
attendu des sachets. Non, d'un seul… Il vérifia. Il n'en restait qu'un en effet
sur les trois achetés tout à l'heure, et encore était-il ouvert puisque ses
doigts touchaient une maigre poudre. Un seul ! Il se rappela qu'en sortant
brusquement du métro un homme bousculé par mégarde s'était tenu à lui pour
garder l'équilibre, puis avait marché un moment derrière à quelque distance.
Il décida par prudence de se débarrasser de ce reste de poudre en retournant
la poche qu’il brossa soigneusement au-dessus du lavabo, dans lequel il fit
ensuite couler une abondante eau chaude. Puis il vaporisa la pièce au
désodorisant et ouvrit la lucarne.S’étant savonné et essuyé les mains, Emilien
passa au bilan : ce regrettable épisode ne l’assombrissait pas trop
car il lui restait de quoi retourner s’approvisionner à Stalingrad. Il
lui faudrait simplement se montrer cette fois plus vigilant sur le trajet…
Comme souvent chez lui hors des moments où il lui fallait réfléchir et
combiner, il se laissa aller à songer… Lui revint en mémoire la fille du
quai, sa chevelure moussante et sa démarche élastique. Il aurait bien aimé
avoir assez de temps pour tenter de l’aborder…
… Il allait se préparer un café réparateur lorsqu’on sonna. On essaya
d’ouvrir la porte en tournant la poignée.
– Police !, ouvrez ! insista-t-on.
– Oui, voilà, voilà.
À présent devant lui et non plus à ses trousses, ils ne l’impressionnaient
pas. D’ailleurs ils semblaient curieusement hésiter. Bons pisteurs mais pas
assez fins pour me coincer, se dit-il. Probable que, le sourire aux lèvres, il
les regarderait bientôt de la fenêtre, s’éloignant bredouilles.
Il ne vit pas arriver la première gifle.
Publiée par Le Capital des Mots le 28-1-2014
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VIDE,
VOIX ET SILENCE
« …L'amour, ce mouvement à la merci d'un passage à vide". Sa
voix est rauque et concentrée. Je me demande un instant s'il s'est mis à
citer un de ses auteurs affectionnés en prolongation de confidences à
demi-phrases, mais pas du tout, une hésitation superposée à son timbre me
persuade qu'il se lance en solo dans le registre des considérations. Le niveau
de la bouteille ( la troisième) a bien baissé depuis la fin du déjeuner. Autant
de liquide fougueux passé dans son corps (un peu dans le mien aussi) ne favorise
pas la mémoire mais l'improvisation. La sienne est de type
lyrico-laconico-amer. Nous sommes dans une chambre sous les toits, dehors il
vente après la pluie, ça craque et grince assez souvent, j'ai l'impression que
l'espace nous bouscule et balance, si je voulais me lever j'aurais du mal et
tanguerais, mieux vaut rester rivé à mon siège (chaise ou fauteuil, je ne sais
plus) et laisser la pensée aller son erre, paresseuse, traversée d'images
lisses qui glissent et plissent, tapissent des questionnements sans réponses
nécessaires.
"... De vide". Je viens de proposer une retouche. Il se tait.
Capable, je le connais, de se lever furibard, de tenter de m'en coller une, ou
de m'embrasser, comme moi d'ouvrir une des fenêtres et de foncer vers le vide
par peur du vide (un soir il m'a retenu de justesse par les chevilles, c'était
dans l'appartement de son ancienne amie, au quatrième d'un immeuble chic, il
riait, moi aussi mais après.)
J'ai toujours aimé ça. De longs silences ponctués avaricieusement de
bribes, ou les ponctuant avec munificence. Parler alors n'est plus jamais que
mettre de menus signes d'existence sur la durée qui file.
Non, il se tait toujours. Mais pas détendu pour autant. La tête ailleurs ?
Il a changé de longueur d'ondes, attentif à autre chose, que je ne parviens pas
à identifier. "T’as pas entendu ?", d’une voix basse et sourde qui
laisse aux sons toute leur place. J'ai beau dresser l'oreille, rien. Le regarde
interrogateur. Il s'est déplacé à pas de loup vers la fenêtre éloignée donnant,
comme les deux autres, sur une plate-forme qui trois mètres plus bas fait
visière aux fenêtres des duplex de dessous. Je lui adresse une mimique lasse
qui veut dire "Non, toujours rien pour moi". Alors il s'énerve et
rugit sourdement sur un mode comminatoire-angoissé que je ne lui ai jamais
connu : "Mais écoute, bordel !! Une voix... Cette voix toute petite!"
(ton légèrement radouci sur ces derniers mots).
Je me suis rapproché de lui et, après une hésitation commune, nous
regardons aussi bas que possible à travers les vitres. "Rien, je te dis,
tu déconnes." C'est fou ce qui se joue à travers les mots, ces rapports de
force, escarmouches affleurant sur fond d'amitié. "Si tu dis encore
quelque chose, c'est le coup de boule !!", a-t-il éructé. L'alcool n'est pas
tout à fait évaporé car nous voilà aux prises, mains aux collets, silencieux et
rageurs, munis de coups qui ne demandent qu'à sortir.
"... Ta petite voix, t'as entendu ?" Ai-je bien été obligé de lui
dire. Il m'a semblé presque déçu, ça doit être grave. Nos mains superposées sur
l'espagnolette, nous ouvrons les deux battants, nous penchons, nous
redressons aussitôt pour nous fixer l’un l’autre, hagards. Un même éclat visuel
nous a pénétrés. Plis de petite robe, chaussettes blanches à des pieds qui marchent.
Panique et paralysie alors qu'il est urgent d'agir. À présent monte une rumeur,
du moins ne l’avons-nous pas perçue auparavant, faite de voix entremêlant
morceaux de phrases, exclamations et cris retenus. On s'appelle, on se répond.
Ca vient de l'immeuble d'en face et de plus bas, de la rue probablement.
Témoins qui ont vu, qui voient, qui informent, des gens qui questionnent.
Quelques bribes distinctement audibles, tendues et précautionneuses. "Se
rend pas compte!" "Ne surtout pas l'appeler", "Faudrait que
quelqu'un l'approche, mais tout doux", "Bon Dieu, mais regardez comme
elle marche", "Rit et bat des mains!", "Mais enfin, pas un
moment à perdre et personne fait rien!"... Nous scrutons ensemble à
nouveau vers le bas. Une toute minette, dans les trois ans peut-être,
déambule, parallèle hésitante à la lisière du vide, à peine en retrait.
Elle y va de sa petite voix chantante, comme si de rien n’était. En une
seconde je comprends, comme lui sans doute, ce qui a dû arriver : la petite
s'est glissée par la lucarne à hauteur de sol, sur le palier entre les deux
étages, que sa mère, concierge et préposée au balayage des escaliers, personne
revêche et distraite, entrouvre souvent pour secouer son instrument, et se
limite parfois à mal repousser.
Il me donne une bourrade et décide : "C'est toi qui sautes". Moi,
effaré : "Moi ?" "Oui, toi, c'est toi le plus souple, et en
avant!". Il devrait dire "En bas!". Il a raison, raison
majuscule, et je n'ai, moi, que de petites raisons pour ne pas y aller. D'une,
si je me ramasse mal je peux plonger dans la rue. Deux, même si je ne tombe
pas, la petite peut prendre peur et y passer. D'autres sont plus obscures, et
ne se démêleront pas faute de temps. Mais ses paroles m'ont déclenché. Je me
sens subitement plus calme et passe à l'initiative. "Va chercher ta corde
d'escalade", ordonné-je en fermant toute possibilité de contestation. Et
j'argumente : "Tu attires son attention en lui parlant par la fenêtre de
droite (depuis laquelle aussi la plateforme est visible deux ou trois mètres
plus loin), et de mon côté je descends discréto par celle-ci. Ensuite, c'est
mon affaire." Il s’exécute. Le cordage trouvé, je le noue à l'espagnolette
et me glisse à l'extérieur, m’accrochant, descendant lentement le nez contre le
mur, attentif à sa voix dosée et aux réponses babillantes de la petite fille.
Quand j'atterris et me retourne, elle le regarde en l’écoutant. Elle se tient à
un mètre environ du bord. Je suis à trois mètres d'elle, elle ne m'a pas encore
remarqué, je dois faire au plus vite. Elle me tourne à moitié le dos, sa nuque
moussant de petits cheveux blonds qui s’agitent. Sans lâcher la corde, je
vais devoir raser le mur et l'agripper.
Autour de moi c'est devenu le brouillard et je n'entends plus les voix d'en
face et d'en bas, qu'elles s’espacent ou persistent. Les yeux me font mal à
force de fixer Poupette, de me concentrer sur le geste sûr qui doit la ramener.
...Encore quelques petits pas et l'affaire sera conclue. Mais voilà, elle se
lasse de mon copain, regarde autour d'elle, me découvre. Un pas vers le bord !
Petit pas agile et mal assuré. Le vent s’est un peu calmé mais quand même… Il a
dû lui parler sans le ton qui captive, je suis en train de le maudire. Et voilà
que j'entends une voix et que c'est la mienne, comme si elle sortait toute
seule de ma bouche. Ma voix qui chante ! Et c'est "Petit Papa Noël".
Mais qu’est-ce qui m’a pris ? Plus ringard, tu deviens sourd… Et de toute
façon Noël est loin. Ah, comme c'est nul. Mais efficace aussi. : Fillette
se plante là et sourit, deux quenottes au soleil, battant des menottes,
radieuse, entre chemin de future femme et petit cadavre écrabouillé au
sol. Ma main droite rythme la chanson, ouverte et s'avançant doucement
vers elle. Ça dure un temps et puis je me tais sans savoir
pourquoi, et elle, surprise, risque un pas vers
moi. Ma main continue de rythmer sous forme d'invitation. Je
dois être, au fond, là où je ne saurais me rejoindre sans ces circonstances
très particulières, oui, tout au fond de moi, je dois être en train de prier
comme je sais si mal le faire, c'est noué (par le fil sans doute auquel la
scène tient tout entière), et je m’entends fredonner de nouveau le même
air. Et cela dure et dure, je veux, j’implore d’autres petits pas, puis
je redeviens d’un coup désespérément muet, plus rien à faire. Cette fois
Babette n’est visiblement pas d’accord, mon silence subit lui déplaît. Comme il
dure, ce silence indésirable, elle se plante et me toise, son regard se fait
insistant, impérieux, yeux qui me dardent et me pétrifient. Elle est si tendue.
Je me dis en un éclair que du décisif est imminent… Et sans élan, de toute sa
force minuscule, elle me fonce dessus et se blottit convaincue dans mes bras.
Après la remontée avec l'aide des pompiers et les remerciements gênés des
parents et voisins qui ne s'attendaient pas à ça de nous, si mal vus dans
l'immeuble à cause de nos frasques bruyantes, nous nous sommes retrouvés seuls
dans la chambre à finir la bouteille. M’ayant bien charrié sur ma mémoire des
grands tubes nases de la chanson, vers l'ultime gorgée, celle qui accable et
soulage, il a repris sa tendance sentencieuse d’avant l’épisode en soliloquant
: "…À la merci d’une voix." Et moi, au bout d'un moment :
"D’un silence..." Il m'a dévisagé fixement, songeur. Nous nous
sommes explorés un bon moment derrière les regards, et j'ai fini par me dire
que nous pouvions ensemble avoir raison.
Publiée par Le Capital des Mots le 21-12-2013
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