Un
Vent
Laissez le vent traverser mon corps
et l’illluminer. Vent du Sud, salin,
tout ensoleillé et lavé de frais
d’intimité rédemptrice,
et d’impatience. Entre, entre dans mon feu,
ouvre-moi ce chemin
jamais connu : celui de la clarté.
tout ensoleillé et lavé de frais
d’intimité rédemptrice,
et d’impatience. Entre, entre dans mon feu,
ouvre-moi ce chemin
jamais connu : celui de la clarté.
Résonne de ta soif d’espace,
vent de juin, si intense et si libre,
que la respiration, devenue désir,
enfin me sauve. Viens
ma chère connaissance, à travers
tant de matière éblouie par ta grâce
profonde.
À quelle profondeur m’assailles-tu, m’apprends-tu
vent de juin, si intense et si libre,
que la respiration, devenue désir,
enfin me sauve. Viens
ma chère connaissance, à travers
tant de matière éblouie par ta grâce
profonde.
À quelle profondeur m’assailles-tu, m’apprends-tu
à vivre, toi, à oublier,
de ta musique claire.
En grand silence à quelle hauteur
En grand silence à quelle hauteur
mets-tu ma vie
de grand matin, en grand amour
par cette porte lumineuse et sûre
qui s’ouvre à moi sereinement
car avec toi jamais il ne m’importe
de grand matin, en grand amour
par cette porte lumineuse et sûre
qui s’ouvre à moi sereinement
car avec toi jamais il ne m’importe
que de quoi que ce soit mon âme
s’ennuage.
Claudio
Rodríguez (Envol de la célébration
II),
Poète espagnol,de la "Génération des années 50"
né à Zamora (1934-1999)
né à Zamora (1934-1999)
Un Viento
Dejad que el viento me
traspase el cuerpo
y lo ilumine. Viento sur,
salino,
muy soleado y muy recién lavado
de intimidad y redención, y de
impaciencia. Entra, entra en mi lumbre,
ábreme ese camino
nunca sabido: el de la claridad.
Suena con sed de espacio,
viento de junio, tan intenso y libre
que la respiración, que ahora es deseo
me salve. Ven
conocimiento mío, a través de
tanta materia deslumbrada por tu honda
gracia.
Cuán a fondo me asaltas y me enseñas
a vivir, a olvidar,
tú, con tu clara música. .
Y cómo alzas mi vida
muy silenciosamente
muy de mañana y amorosamente
con esa puerta luminosa y cierta
que se me abre serena
porque contigo no me importa nunca
muy soleado y muy recién lavado
de intimidad y redención, y de
impaciencia. Entra, entra en mi lumbre,
ábreme ese camino
nunca sabido: el de la claridad.
Suena con sed de espacio,
viento de junio, tan intenso y libre
que la respiración, que ahora es deseo
me salve. Ven
conocimiento mío, a través de
tanta materia deslumbrada por tu honda
gracia.
Cuán a fondo me asaltas y me enseñas
a vivir, a olvidar,
tú, con tu clara música. .
Y cómo alzas mi vida
muy silenciosamente
muy de mañana y amorosamente
con esa puerta luminosa y cierta
que se me abre serena
porque contigo no me importa nunca
que algo me nuble el
alma.
Claudio Rodríguez (Vuelo de la celebración II)
Poeta español, zamorano (1934-1999).De la "Generación del cincuenta".
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