Cracher sur ce temps mais pour le fourbir,
que son ravage soit moins terne à l’heure dite,
ses moires entrevues dans l’ombre si la main
tendue vers une lame en fuite l’a lustrée
Comment le retenir assez, lui qui s’écoule
entre les doigts,
eau d’une vie sans assez de couleur, de forme,
qui en désaltérant donne plus soif encore
de celle qui viendra ?
Il faut le poser là, en pleine circonstance, comme
on poserait dans sa main celle de l'aimée,
et cette main confusément hésite
entre voleter plus loin
et tremblante tenir
pour l’entretien de profondeur
Peut-être que ce temps,
reflétant la beauté claire du visage
nimbé d’une Rieuse qui sourit,
se laisserait alors convaincre de bien luire.
Cl.G. S.
(→ recueil Ainsi ?)
J'aime beaucoup ce passage :
RépondreSupprimer"Comment le retenir assez, lui qui s’écoule
entre les doigts,
eau d’une vie sans assez de couleur, de forme,
qui en désaltérant donne plus soif encore
de celle qui viendra ?"
Belle vision du temps qui file entre les doigts,
eau de vie qui enivre les sens et nous rend tous insatiables.
Oui, "Il faut le poser là..." <3
Merci d'être passée ici aussi, chère Betty.
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