Une
fois dans sa chambre, il tomba dans un grand fauteuil et se mit à regarder
fixement, droit devant lui. Il ne sommeillait pas, ne pensait à rien, son
cerveau était vide, sauf aux instants où des taches colorées, lumineuses,
formaient des images vagues sous ses paupières. Il les voyait comme en rêve.
Pourtant il ne dormait pas. Il se dressa à un moment donné et regarda
l’heure : il était huit heures juste. Il n’avait rien à faire et il était
trop tôt pour se coucher. Puis son cerveau se vida de nouveau et des images
apparurent, puis s’évanouirent sous ses paupières. Ces images se ressemblaient
toutes. Elles représentaient toujours des masses de feuillages et de buissons,
traversées de soleil ardent.
Un
coup frappé à sa porte le ramena sur terre.
Il
pensa que c’était un télégramme, une lettre… ou, peut-être la blanchisseuse qui
lui rapportait son linge. Puis, le souvenir de Joe lui passa par la tête et il
se demanda où il pouvait bien être, en répondant :
– Entrez !
Il
pensait encore à Joe et ne se retourna pas vers la porte. Elle se referma
doucement. Il y eut un long silence. Ayant complètement oublié qu’on avait
frappé, il s’était replongé dans sa torpeur, quand il entendit un sanglot de
femme, un sanglot sourd, contenu, spasmodique. Alors, il se retourna et bondit
sur ses pieds.
– Ruth !
s’écria-t-il, affolé, stupéfait.
Elle
s’appuyait contre la porte, le visage pâle et contracté, une main sur son cœur.
Puis elle étendit les bras vers lui, d’un air implorant et fit un pas en avant.
Il lui
prit les deux mains et remarqua qu’elles étaient glacées.
Après
l’avoir guidée vers le fauteuil il approcha un autre siège ; il s’assit
sur le bras. Un profond embarras le paralysait. Dans son esprit, cette histoire
était finie, enterrée. Si, tout d’un coup, par un miracle, la blanchisserie de
Shelly Hot Springs avait été transportée à l’hôtel Métropole, lui offrant la
perspective d’une semaine de linge à blanchir, il n’aurait pas été plus ennuyé.
Plusieurs fois, il fut sur le point de parler, sans parvenir à trouver la
phrase appropriée.
– Personne
ne sait que je suis ici, dit Ruth d’une voix faible avec un sourire suppliant.
– Que
dites-vous ?
Le son
de sa propre voix l’étonna.
Elle
répéta sa phrase.
– Ah !
dit-il, en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir lui dire après.
– Je
vous ai vu rentrer et j’ai attendu un instant.
– Ah !
dit-il encore.
De sa
vie, il n’avait été tellement à court d’idées.
– Et
alors, vous êtes entrée, dit-il enfin.
Elle
fit un petit geste affirmatif, ses yeux eurent un éclair espiègle et elle défit
l’écharpe qu’elle avait autour du cou.
– Je
vous ai vu d’abord de l’autre côté du trottoir, quand vous étiez avec cette
fille.
– Oui ?
dit-il simplement. Je l’amenais à l’école du soir.
– Eh
bien ! vous n’êtes pas content de me voir ? dit-elle après un nouveau
silence.
– Si,
si ! fit-il rapidement. Mais ça n’est pas très raisonnable de votre part
de venir ici.
– Personne
ne le sait. Je voulais vous voir. Je suis venue vous dire que j’ai été idiote.
Je suis venue parce que je n’en pouvais plus, parce que mon cœur m’y poussait,
parce que… parce que j’avais besoin de venir.
Elle
se leva, vint vers lui, posa sa main sur son épaule un instant, haletante, puis
glissa dans ses bras. Et comme sa nature facile et bonne répugnait à faire de
la peine, comme il sentait que de la repousser lui causerait la plus cruelle
blessure qu’une femme puisse recevoir, il referma ses bras autour d’elle et la
tint serrée contre lui. Mais dans cette étreinte, il n’y avait aucune chaleur,
aucun frémissement. Elle était venue dans ses bras et il la tenait, voilà tout.
Elle se pelotonna contre lui, puis ses mains se glissèrent autour de son cou,
se nouèrent sur sa nuque. Mais il ne s’enflamma pas sous la caresse de ces
mains et il se sentait de plus en plus gêné et mal à l’aise.
– Pourquoi
tremblez-vous ainsi ? lui demanda-t-il. Vous avez froid ? Voulez-vous
que j’allume le feu ?
Il fit
un mouvement pour se dégager, mais elle se serra davantage contre lui, en
frissonnant violemment.
– Simple
nervosité, dit-elle, en claquant des dents. Dans une minute, ça sera passé. Je
vais déjà mieux.
Ses
frissons diminuaient peu à peu. Il la tenait toujours dans ses bras, mais sa
surprise embarrassée avait cessé. À présent, il savait pourquoi elle était
venue.
– Ma
mère voulait me faire épouser Charley Hapgood, dit-elle.
– Charley
Hapgood ! Ce gars qui ne dit que des platitudes ! gémit Martin. (Puis
il ajouta :) Et maintenant, je suppose que c’est moi que votre mère désire
que vous épousiez.
Ce
n’était point une question qu’il posait ; c’était l’affirmation d’une
certitude.
– Elle
ne s’y opposera plus, je le sais, dit Ruth.
– Elle
me considère comme un parti tout à fait convenable ?
Ruth
fit signe que oui.
– Et
pourtant, je ne suis pas un parti plus convenable que le jour où elle vous a
obligée à rompre nos fiançailles, dit-il, pensif. Je n’ai pas changé. Je suis
le même Martin Eden – non ! je suis pire : je fume plus que jamais.
Ne le sentez-vous pas ?
Sans
lui répondre, elle posa ses doigts sur les lèvres de Martin, gracieusement
mutine, et attendit le baiser que ce geste lui valait, autrefois. Mais le
baiser ne vint pas. Martin attendit qu’elle ait retiré ses doigts et
poursuivit :
– Je
n’ai pas changé. Je n’ai pas de « situation ». Je n’en cherche pas.
Je n’en chercherai pas. Et j’ai toujours la conviction que Herbert Spencer est
un noble et grand homme et que le juge Blount est un âne bâté. J’ai dîné chez
lui l’autre soir, ce qui m’a confirmé dans mon opinion.
– Mais
vous n’avez pas accepté l’invitation de mon père, protesta-t-elle.
– Tiens !
vous savez ça ? C’est votre mère qui l’avait envoyé ?
Elle
garda le silence.
– C’est
bien votre mère. Je m’en doutais. Je suppose aussi que c’est elle qui vous a
envoyée ici ?
– Personne
ne sait que je suis venue, dit-elle en protestant. Croyez-vous que ma mère me
l’aurait permis ?
– Elle
vous permettrait de m’épouser. Ça c’est certain.
Elle
poussa un cri :
– Oh !
Martin, comme vous êtes cruel ! Vous ne m’avez pas embrassée une seule
fois. Vous êtes froid comme un marbre. Pensez à ce que j’ai osé faire !
(Elle jeta un coup d’œil autour d’elle en frissonnant, mais non sans une
certaine curiosité.) Pensez que je suis ici, chez vous !
« Je
voudrais mourir pour vous, mourir pour vous ! » La voix de Lizzie
chantait encore à son oreille.
– Pourquoi
ne l’avez-vous pas osé plus tôt ? interrogea-t-il d’un ton sec. Quand je
n’avais rien ? Quand je mourais de faim ? Quand j’étais exactement ce
que je suis aujourd’hui, le même homme, le même artiste, le même Martin
Eden ?… Ça fait bien des jours que je me pose cette question, non pas à
cause de vous spécialement, mais d’une façon générale. Je n’ai pas changé,
voyez-vous, bien que la soudaine appréciation de ma valeur par le monde,
m’amène constamment à devoir me rassurer sur ce point. Ma chair est restée la
même et mes dix doigts et mon visage. Je n’ai acquis ni plus de force ni une
qualité de plus. Mon cerveau est pareil. Je n’ai même rien inventé de plus ni
en littérature ni en philosophie. Ma valeur personnelle est exactement
semblable à ce qu’elle était quand personne ne voulait de moi. Pourquoi veut-on
de moi, à présent ?… C’est ce qui m’intrigue. Il est évident que ce n’est
pas pour moi-même, puisque je suis resté ce que j’étais quand on ne voulait pas
de moi. Donc, c’est pour une raison extérieure, pour une chose qui n’est pas
moi. Voulez-vous que je vous dise ce que c’est ? C’est mon succès. Mais ce
succès, ce n’est pas moi. Et aussi, tout l’argent que j’ai gagné et que je
continue à gagner. Et c’est également à cause de ça, de ce succès et de cet
argent, que vous voulez de moi aujourd’hui.
– Vous
me brisez le cœur ! sanglota Ruth. Vous savez que je vous aime, que je suis
venue parce que je vous aime.
– Je
crains que vous ne saisissiez pas bien mon point de vue, dit-il avec douceur.
Je veux dire que du moment que vous m’aimez, comment se fait-il que votre amour
actuel soit si fort, quand votre amour autrefois a été assez faible pour me
renier ?
– Oubliez
tout ça et pardonnez-moi ! s’écria-t-elle avec passion. Je n’ai jamais
cessé de vous aimer, souvenez-vous-en ! Et je suis là maintenant, dans vos
bras.
– J’ai
bien peur d’être un marchand plein de méfiance qui regarde trop attentivement
les balances, pour peser votre amour et craint de s’apercevoir que le poids n’y
est pas.
Elle
se dégagea de ses bras, se redressa et le regarda longuement, profondément.
Elle fut sur le point de parler, puis hésita et se tut.
– Tenez,
je vais vous expliquer la façon dont je vois les choses, poursuivit Martin.
Autrefois, quand je n’avais pas reçu ma consécration officielle, en dehors de
mon milieu, personne ne s’intéressait à moi. Lorsque j’écrivais mes livres,
aucun de ceux qui en ont lu les manuscrits, ne s’en souciaient. Bien au
contraire, on semblait ne m’en estimer que moins. On aurait dit, vraiment,
qu’en écrivant, je commettais un acte pour le moins répréhensible. Et tout le
monde me disait : Cherchez un gagne-pain !
Elle
fit un geste de dénégation.
– Si,
si, dit-il, vous exceptée. Vous, vous me disiez : Cherchez une
situation ! Le mot familier de gagne-pain – comme bien des mots que j’ai
écrits – vous choque. Il est brutal. Je vous réponds que je le trouvais brutal
également, quand tout le monde me le jetait à la figure, comme on recommande la
bonne conduite à un être dévoyé. Mais je m’écarte de la question. La
publication de mes livres, l’accueil qu’ils ont reçu du public, ont changé la
nature de votre amour. Le Martin Eden qui n’était que lui-même, vous ne vouliez
pas l’épouser. Vous ne l’aimiez pas assez pour ça. Aujourd’hui votre amour est
assez grand, et je ne peux m’empêcher d’en conclure qu’il a grandi en raison de
la faveur du public qui a consacré mon talent. Pour vous, il ne s’agit pas de
mon argent, je le sais – bien que je sois certain qu’il entre pour beaucoup
dans le changement qui s’est opéré chez vos parents. Tout ça, naturellement,
n’est pas très flatteur pour moi. Mais ce qui est pire, ça me fait douter de
l’Amour… du divin Amour. L’amour est-il donc chose si matérielle qu’on doive le
nourrir de réclames et de popularité ? On le dirait. C’est une idée qui
m’a hanté à un tel point que j’ai failli en devenir fou.
– Pauvre
chère tête ! (Elle étendit la main, passa doucement ses doigts à travers
les cheveux de Martin.) Laissez toutes ces vilaines pensées. Reprenons depuis
le commencement. Je n’ai jamais cessé de vous aimer. Oui, j’ai manqué de
fermeté en cédant à la volonté de ma mère. Je n’aurais pas dû le faire. Mais je
vous ai entendu parler si souvent, avec une grande compréhension, de la
faillibilité, de la fragilité des humains ! Étendez-la sur moi, cette
compréhension… J’ai péché par ignorance ! Pardonnez-moi !…
– Oh !
je vous pardonne ! dit-il avec impatience. Il n’y a d’ailleurs rien à
pardonner. Chacun agit selon ses propres lumières et ne peut faire davantage.
C’est comme si je vous demandais de me pardonner de n’avoir pas trouvé
« une situation ».
– Je
croyais bien faire, protesta Ruth. Vous le savez. Je ne vous aurais pas aimé si
je n’avais pas cru agir pour votre bien ?
– Bon !
mais tout en croyant bien faire, vous vouliez détruire ce qui fait ma
personnalité. Oui ! (Elle voulait l’interrompre, mais il l’en empêcha.)
Oui, vous auriez détruit ma littérature, mon avenir. Ma nature est éprise de
réalisme, et l’esprit bourgeois hait le réalisme par lâcheté, par peur de la
vie. Vous avez tout fait pour me faire craindre la vie. Vous m’auriez rabaissé
à la mesure de votre vie bourgeoise, où tout est mesquin, faux et vulgaire.
Elle
eut un geste de protestation.
– La
vulgarité – une vulgarité cordiale, je l’admets – est la base de la culture
bourgeoise et de ses raffinements. Comme je vous l’ai dit, vous vouliez me
rabaisser et me modeler à l’image des vôtres, d’après l’idéal de votre classe,
l’évaluation de votre classe, les préjugés de votre classe. (Il secoua
tristement la tête.) Et, même en ce moment, vous ne me comprenez pas. Mes mots,
pour vous, ne signifient rien de ce que j’essaye d’y mettre. Pour vous ça n’est
pas sérieux. C’est tout au plus si ça vous intrigue et vous amuse un peu que ce
jeune sauvage, sorti en rampant d’un abîme de boue, se permette de juger votre
classe et de la trouver vulgaire.
Elle
appuya sa tête contre son épaule avec lassitude et de nouveau un frisson
nerveux la secoua. Comme elle restait silencieuse, il continua :
– Et
maintenant, vous voulez recommencer notre amour. Vous voulez m’épouser. Vous me
voulez. Et pourtant, regardez, si mes livres n’avaient pas été remarqués, je
n’en serais pas moins demeuré le même… Mais vous ne seriez pas venue. Ce sont
tous ces livres. Bon Dieu !…
– Ne
jurez pas, interrompit-elle.
Le
reproche le fit éclater d’un rire amer.
– Voilà !
c’est bien ça ! dit-il, dans un moment critique, quand ce que vous croyez
être le bonheur de votre vie est en jeu, un juron vous fait peur.
Ces
mots firent sentir à Ruth la puérilité de son exclamation, mais elle trouva
qu’il en avait exagéré la portée et lui en voulut. Un long silence s’établit.
Elle réfléchissait désespérément au moyen de le reprendre. Il pensait à son
amour défunt. Il ne l’avait jamais vraiment aimée, il le savait à présent. Il
avait aimé une Ruth idéale, un être éthéré, sorti tout entier de son
imagination, l’inspiratrice ardente et lumineuse de ses poèmes d’amour. La
vraie Ruth, celle de tous les préjugés bourgeois, marquée du sceau indélébile
de la mesquinerie bourgeoise, celle-là, il ne l’avait jamais aimée. Elle se mit
à parler tout à coup.
– Je
sais qu’il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites. J’ai eu peur de la vie.
Je ne vous ai pas assez aimé. Mais j’ai appris à mieux comprendre l’amour.
Aujourd’hui, je vous aime pour vous-même, pour ce que vous avez été, à cause
même de la façon dont vous êtes devenu ce que vous êtes. Je vous aime à cause
même de ce qui vous différencie de ce que vous appelez « ma classe »,
à cause de vos croyances que je ne comprends pas, mais que j’apprendrai à
comprendre, je le sais. Je ferai tout pour les comprendre. Tenez ! fumez,
jurez, ça fait partie de vous et je vous aimerai à cause de ça. J’apprendrai,
vous verrez ! Depuis dix minutes, j’ai déjà beaucoup appris. Que j’aie osé
venir ici, est une preuve de ce que j’ai déjà appris. Oh ! Martin…
Elle
se serra contre lui en sanglotant.
Pour
la première fois, ses bras l’enlacèrent avec tendresse et elle l’en remercia
par un sourire heureux.
– Trop
tard ! dit-il. (La phrase de Lizzie lui revint à l’esprit.) Je suis malade
– oh ! pas physiquement !… Ce sont mon âme, mon cerveau qui sont
malades. J’ai perdu le goût de vivre. Tout m’est égal. Si vous m’aviez dit tout
ça il y a quelques mois, ç’aurait été différent. Maintenant, il est trop tard.
– Il
n’est pas trop tard ! s’écria-t-elle. Vous verrez ! Je vais vous
prouver que mon amour a grandi, que j’y tiens davantage qu’à « ma
classe » et à tout ce qui m’est cher ! Je me moque de tous les
préjugés. La vie ne me fait plus peur. Je quitterai mon père et ma mère, et mes
amis n’oseront plus prononcer mon nom. Si vous voulez, je suis à vous, dès
maintenant, heureuse et fière d’être votre maîtresse. Si j’ai trahi l’amour, je
veux à présent, pour l’amour de l’Amour, trahir tout ce qui m’avait fait le
renier.
Elle
se leva, se tint devant lui, les yeux étincelants.
– J’attends,
Martin… murmura-t-elle. J’attends que vous m’acceptiez. Regardez-moi !
Il la
regarda, la trouva splendide. Elle rachetait vraiment sa conduite passée, se
montrait enfin une vraie femme, supérieure aux lois de fer des conventions
bourgeoises. C’était splendide, magnifique, sublime. Et pourtant… que lui
arrivait-il donc ? Ce qu’elle faisait ne le touchait ni ne l’émouvait. Il
l’appréciait, l’admirait cérébralement. Mais son cœur n’avait pas tressailli.
Et il ne la désirait plus. De nouveau la phrase de Lizzie lui revint à
l’esprit.
– Je
suis malade, très malade, dit-il avec un geste désespéré. Je m’en aperçois
seulement maintenant. Quelque chose en moi s’est éteint. Je n’ai jamais eu peur
de la vie, mais je n’aurais jamais cru pouvoir être blasé de la vie. La vie m’a
tellement saturé d’émotions, que je suis vidé de tout désir. Si je pouvais
encore désirer, c’est vous que je désirerais. Vous voyez à quel point je suis
malade !
Il
renversa la tête et ferma les yeux ; et, de même que l’enfant qui pleure,
oublie son chagrin en regardant la lumière se brouiller à cause de ses larmes,
Martin oublia sa maladie, la présence de Ruth, tout, pour ne plus voir qu’un
immense rideau de feuillages, traversé d’ardent soleil, qui se formait et
flamboyait sous ses paupières. Ce soleil, trop ardent, l’éblouissait, lui
faisait mal. Et pourtant, il le regardait… pourquoi ?
Jack
London
Martin Eden (1909),
in chapitre 44 (/45)
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