SUR LE PONT, Ainsi et autres poèmes

Ouvrages en cours  



                                           Douleur en veilleuse
après désarrois,
cuisante et poreuse

Encore une fois
lui parler, comprendre
sa langue et sa voix

Il faudra descendre,
la localiser
tapie sous ses cendres

et l’en dégager
sans que l’air en vienne
à la prolonger

ni que son ancienne
brûlure sans nom
refasse des siennes

Des mains-croisillons
des yeux ajournés
l’accompagneront

S’y user n’est guère
important, pourvu,
pourvu qu’elle éclaire.

          *        *        *

Infrâge

Mieux que dans les miroirs
ou les calendriers,
lire son âge au temps
suivi sous la surface,

là où son cours foncier
prend de l’erre un moment
puis continue sur elle

Infime avancement
On en meurt on en vit

Par la chair et le sang,
flux obscur, il charrie

atermoiements songeurs,
urgences résolues,

lent tissage mêlé
à des éclats d’énigme

Là-bas, vers l’Estuaire.

*          *          *

Entre les mains cela, qui tremble,    
n’appartient seulement ni à soi ni au monde

Comme un menu morceau
de continent tendu par sa capacité
encore close
d’élever, d’étendre
des gestes pèlerins à  la scansion de seuils.

*          *          *

L’espace est grand,  
ciment et air mêlés
à des étonnements
qui sèchent la salive

mais sans pareil est le regard,
accueil et don de pauvre

Le réclame une immensité
toute  splendeur
et ignorance.

*          *          *

Une clarté de suscitation
accueille un mot puis l’autre
et d’autres,
large qu’elle est, profonde,

patiemment tournée vers
eux et leur silence

Elle passe par nous car elle nous excède.







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