EN CALE, Ce qu'avoue la lisseur des choses ? suivi de Reprise

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DÉMASQUE

Même affublé d’images c’est de soi
qu’on donne à voir au fil de son étiré d’encre,
quels que soient la donne, le choix, l’évasif usage,
les accommodements

Que faire de ces plis et replis
formés dans des pans, des chutes, des flots
aux fibres confondues, s’ils couvrent
la fuite de clartés ?

–  sinon les laisser sans plus,
seulement un sous-ton pour dire
qu’on aura pressenti leur hâte
et voulu la tourner au jour d’un face-à-face ?
*      *      *

INUTILE 

La rue n’en finit pas de se mener à d’autres et d’en venir
et c’est ainsi que dans la droite un cercle
va couvant ses retours

Aller serait-ce alors ne cesser de finir ?

Des morceaux de secret foulés
jonchent-ils le trottoir et l’asphalte
à l’insu de la surhabitude ? 

Changer le biais de voir, relancer la tête
mais contre quel bercement fallacieux ?

Les jours aux nuits succèdent,
ils n’exaucent pas

La nostalgie d’un Tout dégagé de voies tortes
se muera-t-elle en sérénité ?

Qui le saura jamais ?

—  Avancer, la rue monte.

*      *      *

TÉNU

Ce porte-à-faux entre saisir et perdre,
entre obtention et don,
auquel ne se résout  nul pas de profondeur

Voir, mieux scruter ?

Il incombe
à l’âme de poursuivre
sous l’éclat ambigu de menaces
trop bleues pour ne pas en être

Âme ignorante et sensitive,
roulée dans les ravins, toujours belle à saigner
de salive, ses  presque-mots mimant l’offrande.

*      *      *

AINSI

Les mots n’ont rien en leur pouvoir hormis,
là où la main les pose,
de  tenir leurs champs et domaines secrets
entrecroisés avec ceux des autres

Ils font ainsi parages, paysages,
version plurielle sinuant
à la syllabe près,
sous l’oreille, le regard, la songerie des entre-deux
que la pensée précise à son insu rencoigne

Quelle réponse oser à la question trop claire ?

Que les pans agités par le vent
ne voudront jamais être joints ?

–  guenilles aux trouées belles pour la foulée borgne,
un pied perdant son voisin qui le sauve,
l’un mi-voyant l’autre aveugle à moitié,
portant quelqu’un de penché 
dont le branle en partie l’exauce.




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